Interview : CA x 75 en 6 ans et 5 boutiques ouvertes, à partir d’un BLOG : Comment Bonne Gueule a fait ?

par Olivier Roland

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Transcription et traduction texte de l’interview :

Olivier Roland : Ici, c’est Benoît du blog BonneGueule, ça me fait plaisir de t’accueillir à nouveau.

Benoit Wojtenka : Moi aussi, ça fait longtemps, puisqu’on ne s’est pas vu.

Olivier Roland : Ça fait super longtemps et la toute première interview que j’ai faite de toi et de ton acolyte Geoffrey qui n’a pas pu être là aujourd’hui a été publiée le 1er novembre 2012, il y a 6 ans quasiment pile-poil, à un mois près. Je me suis dit : là, je suis à Paris, c’est l’occasion, on va faire un update parce que j’ai entendu des rumeurs et des échos comme quoi vous êtes bien développés depuis.

Je n’ai pas eu l’occasion sur cette chaîne de faire beaucoup de suivis des gens que j’ai interviewés, je pense que c’est même une première sur cette chaîne.

Je me suis amusé avant que tu arrives à regarder l’interview de 2012. Mais d’abord, je vais te présenter rapidement parce que BonneGueule, peut-être que tout le monde ne connait pas.

Benoit Wojtenka : Pourtant, tu l’as bien cité dans ton livre et je te remercie.

Olivier Roland : Oui, parce que pour moi, vous êtes l’exemple de ce qu’on peut faire avec du marketing de contenu, en proposant vraiment du contenu intéressant aux gens pour se différencier avec un business physique. J’ai voulu vous mettre en avant parce que vous êtes un magnifique exemple. À la base, vous êtes un blog de mode masculine.

Benoit Wojtenka : Oui, que j’ai fondé en 2007, donc il y a 11 ans. Et effectivement tu nous as interviewés en 2012, je crois que c’était un mois avant qu’on prenne nos bureaux à Paris.

Le but de BonneGueule, c’est d’aider les hommes à se sentir bien dans leurs vêtements. Le pitch habituel, c’est : on le fait à travers nos contenus, la chaîne Youtube, le contenu sur le site, bonnegueule.fr. Et à côté de ça en 2014, après avoir vendu plusieurs info-produits, on a décidé de lancer notre marque de vêtements. Aujourd’hui, on a deux boutiques à Paris, une boutique à Lyon et une boutique à Bordeaux et si Dieu le veut, une boutique à Lille en printemps 2019. Et ça, c’est un scoop pour ton audience.

Olivier Roland : Exclusivité mondiale pour vous les rebelles intelligents, à Lille, ma ville natale, ça fait plaisir, ça fera plaisir aussi à Laurent Breillat qui est un grand fan de votre marque de vêtements.

Et ça, c’est incroyable parce qu’en 2012, j’ai les chiffres parce que j’ai regardé tout.

Benoit Wojtenka : Elle durait combien de temps cette vidéo ?

Olivier Roland : Elle dure une bonne 50 minutes, peut-être une heure.

Benoit Wojtenka : Oui, c’était une grosse interview, je m’en souviens.

Olivier Roland : Moi, j’adore faire ça, rentrer dans les détails, c’est ce que permet le web. Tu as un format qui est beaucoup plus long potentiellement qu’à la télé.

Vous avez partagé beaucoup de choses et c’est vraiment drôle de regarder ça avec le recul aujourd’hui.

Benoit Wojtenka : Je n’ai pas osé la regarder, moi.

Olivier Roland : Je pense que vous pourrez apprécier l’upgrade dans la qualité de la vidéo, parce que clairement il y avait du boulot en termes de lumière, de position de la caméra et aussi la qualité de la caméra. Là, c’est un petit peu mieux. C’est toujours sympa de voir le chemin parcouru.

Benoit Wojtenka : Mais il y avait déjà la passion de ton côté.

Olivier Roland : Il y avait la passion des deux côtés et ce que vous partagiez à l’époque, BonneGueule, c’était à l’époque juste un blog. Vous étiez seulement « des infopreneurs », aucun business physique. Comme tu le dis, vous n’aviez pas encore lancé vos propres vêtements.

Benoit Wojtenka : Oui. Par contre, c’était en 2012. En juin 2012, on avait fait une collaboration sur un jean avec une marque. Donc, ça a été un peu, pas notre premier pas mais notre demi-pas dans le physique. On s’est associé à une marque de jean qui s’appelle Renhsen, dont la boutique n’est pas très loin d’ici. On avait acheté 150 jeans qu’on avait vendus en 24 heures alors qu’on s’attendait à les vendre en plusieurs semaines ou voire plusieurs mois. Donc, ça a été le premier demi-pas.

Olivier Roland : Ça vous a encouragé et vous vous êtes dit : il y a un truc là et peut-être qu’on devrait en faire plus.

Benoit Wojtenka : Oui, tout à fait. On s’est dit : on a une manière finalement d’aborder le vêtement, de le raconter, de l’expliquer qu’il n’y a finalement pas tant que ça ailleurs et là, on tient quelque chose.

Olivier Roland : Les chiffres que vous partagiez à l’époque en 2012, c’est 4000 visiteurs par jours pour BonneGueule et c’était tout récent parce que Geoffrey avait travaillé sur le SIO et avant qu’il arrive, je crois que c’était un an et demi avant, il est arrivé mi-2010.

Benoit Wojtenka : J’ai rencontré Geoffrey en janvier 2010, on a bossé ensemble début 2011.

Olivier Roland : Donc avant ça, 2010, le blog BonneGueule, c’était 600 visites par jour. Geoffrey arrive, ça passe à 4 000 visites par jour et vous étiez tout fiers de me dire dans l’interview que vous faisiez à peu près un CA de 5 000 euros par mois.

Benoit Wojtenka : Oui.

Olivier Roland : Ça parait tellement drôle aujourd’hui. Et moi, je vous ai dit à l’époque : c’est extraordinaire parce que 5 000 par mois, ça fait 60 000 par an. C’est tellement intéressant.

6 ans plus tard, on va aller directement dans le vif sujet, en termes de trafics et en termes de chiffres, où vous en êtes aujourd’hui ?

Benoit Wojtenka : Je pense que cette année, on va avoir plus de 4 millions de lecteurs. Ça, c’est une évidence.

Olivier Roland : Sur l’année complète donc.

Benoit Wojtenka : Oui, mais pour le coup, en tant qu’infopreneur, on t’apprend très tôt qu’il faut déléguer et tout ce qui est partie data a été très vite déléguée de mon côté.

Le chiffre d’affaires, je pense cette année, on va finir aux alentours de 5,5 millions hors taxe.

Olivier Roland : Les nombres de visites par mois, c’est 330 000.

Benoit Wojtenka : Peut-être qu’on a un peu plus, je crois qu’il y a des moments où on a tapé les 500 000 il me semble.

Olivier Roland : Alors qu’avant, vous étiez à 4 000 par jour.

4000 x 30, ça fait 120 000. Vous avez multiplié par 3 le trafic au moins, peut-être même plus. Et le chiffre d’affaires, c’est juste démentiel. Tu m’as dit 4,5 millions versus

Benoit Wojtenka : Non, 5,5 millions cette année.

Olivier Roland : 5,5 millions versus 60 000, il y a 6 ans, il faut calculer.

Benoit Wojtenka : C’était également de grandeur. Mais c’est intéressant parce que les paliers, c’est…

Olivier Roland : C’est 91 fois de plus. C’est incroyable, vous avez multiplié votre trafic par trois.

Benoit Wojtenka : C’est la magie du produit physique. Moi, je dis toujours aux infopreneurs et ils ne veulent pas me croire.

Olivier Roland : Par contre, c’est le chiffre d’affaires. Après, le bénéfice n’est sans doute pas multiplié par 91, j’imagine.

Benoit Wojtenka : Non. Le bénéfice, non seulement je ne l’ai pas en tête et je ne sais pas si Geoffrey serait d’accord pour que j’en parle.

Olivier Roland : Vous n’en aviez pas parlé non plus en 2012.

Benoit Wojtenka : Non. Par contre ce qui est sûr, c’est qu’on est rentable. Ça, il n’y a pas de souci. On est à peu près 35 personnes en CDI. Je crois que cette année même, on aura zéro stagiaire, on a juste quelques alternants. On avait financé tout ça.

Olivier Roland : En 2012, vous étiez combien dans l’équipe ?

Benoit Wojtenka : En 2012, je crois qu’on a pris nos bureaux à la mi-novembre 2012, on avait chacun un stagiaire. Là, on n’était que Geoffrey et moi. Et quand on a fini 2012, on était 4.

Olivier Roland : C’est sans doute pour ça qu’on n’a pas parlé d’équipe dans la première interview. Et aujourd’hui, vous êtes combien ?

Benoit Wojtenka : On est 35. Au siège, je crois qu’on est 17 personnes et le reste, c’est sans boutique.

Olivier Roland : Dans les magasins à temps complet.

Benoit Wojtenka : Tout à fait.

Olivier Roland : Vous êtes vraiment devenu une belle PME.

Benoit Wojtenka : Et ma maman qui est un peu à gauche d’un point de vue politique et très fière de voir que son fils a créé autant d’emplois. Elle a très peur que je leur fasse faire des heures supplémentaires non payées.

Olivier Roland : Donc, ça fait des discussions animées en famille ?

Benoit Wojtenka : Exactement.

Olivier Roland : C’est tellement intéressant parce que vous êtes partis du monde de l’infoprenariat, ce qui vous donne aujourd’hui un avantage compétitif énorme sur les magasins de vêtements classiques.

J’en ai parlé dans « Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études ». Allez voir le blog BonneGueule tout simplement.

Tous les articles qui sont au magasin, il y a une fiche sur votre blog qui non seulement décrit la composition des vêtements comme un peu partout, mais vous allez bien au-delà parce que vous expliquez pourquoi vous avez choisi ces matériaux, comment vous avez créé, avec qui vous êtes associés si vous avez fait une association, comment porter avec des conseils vraiment pour assortir…, comment entretenir les vêtements, des choses simples mais que les autres magasins ne le font pas.

Benoit Wojtenka : Qui viennent du monde de l’infoprenariat.

Quand tu vends un produit digital, un produit d’information à 1 000 euros, il faut justifier le prix. Donc, tu dis : Dans ce produit, il y a ça, ça et ça. Et nous, on a fait pareil pour le vêtement.

Aussi, il y avait une passion du vêtement. J’aime comprendre comment il est fait et j’étais très frustré quand j’achetais des vêtements droite à gauche que ce n’était pas forcément le cas. Tu achètes une chemise à 150 euros et tu ne sais pas pourquoi il coûte ce prix-là. Ce n’est pas du bon tissu… et moi, je me suis dit : si un jour, j’ai une marque, ça ne sera pas comme ça.

Mais aujourd’hui, notre discours commence à faire quelques émules. Notre de manière de raconter le vêtement commence à être pris par d’autres marques.

Olivier Roland : C’est sûr que ça va être copié.

Déjà, je trouve que vos compétiteurs ont mis beaucoup de temps à comprendre ce qui s’est passé, ça va peut-être venir.

Benoit Wojtenka : Oui, mais il faut garder un peu d’avance.

On avait un marketing qui était très descriptif et ils sont là toujours. Et maintenant nous, on essaie vraiment d’avoir un marketing sincère.

Par exemple, maintenant dans les articles, je dis les limites du vêtement.

Si on vend un vêtement avec un isolant pour ne pas avoir froid, je vais dire : « il est isolant à tel point. Par contre si vous allez faire du ski, ce sera peut-être un peu juste. »

J’essaie vraiment d’être de plus en plus sincère dans le vêtement et je sais que de plus en plus de lecteurs sont sensibles à ça parce que malheureusement, de ce marketing dérivé de l’infoprenariat, on explique à fond le produit et on tourne le moindre truc en bénéfice client. Je trouve que ça entrait quelques dérives.

C’est à peine si maintenant, on ne vend pas des chemises en disant : « Regardez, elles ont des boutons, vous pouvez l’ouvrir ».

Olivier Roland : Ça allait peut-être trop loin dans la description des bénéfices.

Benoit Wojtenka : Exactement, très premier degré.

Tout tourne en bénéfice client. Maintenant, je le fais toujours, mais on essaie de faire de manière plus élégante.

Olivier Roland : D’accord. Ça aussi, c’est une évolution que vous faites dans votre marketing. D’ailleurs, vos compétiteurs commencent à se réveiller maintenant, mais finalement le temps qu’ils aient un blog comme le vôtre, ils peuvent se lever tôt quand même.

Benoit Wojtenka : Oui. Par contre, ils font des raccourcis sur la partie média continue. Maintenant, avec l’acquisition payante, tu peux via des outils cibler notre audience. C’est assez simple. Ils ciblent directement notre audience et c’est le jeu.

Olivier Roland : Plus ou moins efficacement, les gens qui vous suivent sur Facebook…

Benoit Wojtenka : Toujours efficacement et c’est le jeu.

Olivier Roland : Mais n’empêche que vous avez une source de trafic gratuite non seulement qui est une super source de lead pour vous, mais c’est aussi une super source d’autorité et de relation.

Benoit Wojtenka : Exactement.

Le média nous cache toujours au cœur de l’acquisition parce que ça éduque vraiment tous nos lecteurs. Et après, effectivement, d’autres marques capitalisent sur le fait qu’ils ont une audience éduquée qui est biennale. Mais nous, la stratégie par contre n’a pas changé, c’est toujours le média qui convertit. C’est la passion qu’on a pour les contenus de qualité, pour l’explication et pour la pédagogie.

C’est toujours au cœur de notre parc au client et c’est même la première étape, c’est-à-dire que je dis toujours : il faut que la première étape pour que le client tombe sur BonneGueule, on l’aide sur un problème qu’il peut avoir avec le vêtement.

Pour un infopreneur, c’est une évidence même. Mais je t’assure que quand tu commences à engager une équipe, à embaucher des mecs qui viennent d’horizons très différents, ils ne sont pas sensibles à cette culture de l’infoprenariat, donc il faut les former à ça.

Olivier Roland : Exactement. C’est ce qui fait votre force par rapport à des compétiteurs. Mais aussi ce qui est tellement fascinant, c’est qu’il n’y a quasiment aucun infopreneur qui s’aventure dans le monde du business physique. Vous êtes quasiment les seuls en français.

Benoit Wojtenka : Oui, parce que ça fait peur.

Tim Ferriss dit toujours qu’il ne faut pas avoir de stock, que les produits d’information, c’est cool parce que tu n’as pas de stock, tu ne t’embarques pas pour le retour, l’expédition, la logistique et il a raison.

Et de l’autre côté, si tu veux chercher beaucoup de croissances et le produit physique, tu ne peux pas vendre deux fois la formation Blogueur Pro à quelqu’un. Par contre, tu peux lui vendre deux chemises, ça, c’est possible.

Olivier Roland : C’est vrai.

Benoit Wojtenka : Mais il faut que tu rentres dans des logiques qui sont toutes autres parce qu’il faut gérer de la marche, du BFR, de l’expédition, du développement de produit… Mais moi, en tant que passionné, j’adore, je vois les plus belles matières au monde, des matières japonaises, italiennes. Il y a une fierté quand le prototype arrive, on l’essaie et ça tombe très bien. Il y a un émerveillement qui est là et que j’espère transmettre à nos clients.

Olivier Roland : Je pense que vous le faites bien et on voit bien la passion quand on parle d’ailleurs.

C’est vrai que vous êtes toujours dans un domaine où le pont entre l’information et le produit était presque évident même si beaucoup ont choisi de ne pas explorer ce…

Benoit Wojtenka : Tu dis ça, mais en 6 ans, on a rencontré beaucoup de grands groupes et de grandes boîtes, des maisons de luxe et eux, ils n’arrêtent pas de dire qu’il faut fusionner le contenu du marketing. Autant, il y a beaucoup d’infopreneurs qui ne l’ont pas fait et il y a autant de grandes boîtes qui veulent le faire, mais du fait de leurs cultures d’entreprise, elles ne peuvent pas le faire parce que quand elles vont mettre en place ce genre de projet, ça va être des usines à gaz énormes.

Mais nous, on a attendu. Ça fait 5 ans qu’on dit : oui, il faut fusionner le contenu et le commerce. C’est vraiment l’objectif et d’ailleurs des grands e-shops de vêtements commencent à péniblement essayer de faire des parties éditoriales, des shoots et des vidéos… mais c’est encore très timide.

Olivier Roland : Ce n’est pas dans leur culture. Ils n’ont pas compris vraiment comment faire et l’intérêt.

Benoit Wojtenka : Exactement. Pour eux, il le voit dans une logique de branding, ce qui est bien, mais pas dans une logique qu’on aide le mec à résoudre un problème. On lui apprend quelque chose. Il y a plus une logique de magazine derrière, mais pas de contenu comme moi, je le conçois.

Olivier Roland : Pas de résolution de problème.

Benoit Wojtenka : Pas de résolution de problème, pas de pédagogie, pas d’éducation parce qu’ils pensent tous que s’il fait un article de plus de 1 000 mots, le mec va trouer cela chiant, il ne va pas lire.

Olivier Roland : Mais ils ont tellement tort, c’est fou.

Benoit Wojtenka : Et je peux dire que ce n’est pas faux de leur avoir expliqué, parce j’ai rencontré beaucoup de marques en 6 ans qui nous demandaient : « c’est quoi la recette secrète de BonneGueule ? » Et je dis : « Mais la recette, elle n’a rien de secrète. » À chaque fois, je lui explique et comme d’habitude à chaque fois, la personne ne fait rien de ce que je lui explique et c’est comme ça.

Olivier Roland : Mais ce n’est pas grave, continuez à tout disrupter et puis un jour.

Benoit Wojtenka : Oui, on essaie.

Olivier Roland : Ça vous fait combien de magasins physiques, 5, c’est ça ?

Benoit Wojtenka : 4 et si tout se passe bien avec Lille, on a 5.

Olivier Roland : On va parler un peu de cette transition parce que d’abord, vous avez commencé à faire une co-création avec un créateur.

Benoit Wojtenka : Oui, on a fait plusieurs.

Olivier Roland : Ça, c’est une excellente manière d’entrer dans la scène.

Benoit Wojtenka : Oui. Moi, c’est ce que je conseille aux infopreneurs. Mettez un pied dans le physique, faites une collab avec quelqu’un.

Par exemple la photo, Laurent, il faut qu’il fasse une collab avec la bagagerie pour prendre de la photo, avec une marque comme ça, c’est ça qu’il faut faire. C’est un très bon moyen, même pour les infopreneurs dans la niche « make money on line », je ne sais plus comment ça s’appelle.

Olivier Roland : Oui, entrepreneuriat, marketing et l’argent.

Benoit Wojtenka : Je suis sûr que sur de l’objet de voyage, du vêtement de voyage, il y a un petit truc à faire. Il y a toujours un moyen, mais fais des collabs sur de l’objet physique, c’est hyper intéressant et hyper enrichissant.

Olivier Roland : Vous avez vu que ça marchait bien. Après, vous vous êtes mis à faire vos propres créations et les vendre à partir de votre site, mais sans magasin physique.

Benoit Wojtenka : Sans magasin physique. On s’est dit : les collab, c’est cool, ça marche bien. J’avais cette envie aussi d’avoir notre propre marque et d’essayer de proposer des vêtements et des prix qu’on ne pouvait pas trouver sur le marché, parce qu’on n’avait pas d’intermédiaire. D’habitude, une marque, elle vend à plusieurs boutiques qui revendent au… ça sera un peu…

Olivier Roland : un distributeur.

Benoit Wojtenka : Ça sera un peu le rôle des affiliés dans l’infoprenariat. Tu vends le produit à d’autres qui le revendent à d’autres, il y a un intermédiaire.

Du coup nous, on ne voulait pas d’intermédiaire. C’est-à-dire que le but, ce n’était pas de revendre à d’autres boutiques à multimarques, c’était de vendre directement à notre audience et d’être forcément plus compétitif, de proposer des produits.

Par exemple, nous, un de nos best-sellers, c’est notre chemise en chambray japonais, c’est un tissu en coton qui vient du japon, on la vend à 130 euros alors que chez plein de marques, elle est à 150, voire 200-250 euros.

C’est à partir de là qu’on a réussi à avoir un début de traction avec la marque de vêtement.

Olivier Roland : Et comment vous faisiez pour gérer vos stocks à l’époque ? C’est vous qui faisiez ça ?

Benoit Wojtenka : Non, pendant longtemps, on l’a internalisé. On avait nos bureaux dans le chantier. Il y avait beaucoup de cartons dans notre bureau.

Je ne sais pas si tu es déjà venu dans notre bureau.

Olivier Roland : Non, je ne suis jamais venu.

Benoit Wojtenka : Comment on faisait ? Il y avait Florian qu’on avait recruté pour l’expérience client et la logistique, il s’occupait de tout ça. Il avait un petit stagiaire avec lui et il préparait tous les colis.

Même moi avec Geoffrey, on a passé quelques week-ends à préparer les colis.

Quand tu vends 300 paires de chaussures en un week-end, il faut aller au bureau, les mettre dans des boîtes, mettre du scotch… et ça faisait partie de l’aventure.

On se disait : « dans 10 ans, on sera hyper nostalgique de tous ces moments-là qu’on a passés à mettre nous-mêmes les vêtements dans les emballages ».

Olivier Roland : Alors, c’est nostalgique là ?

Benoit Wojtenka : Un peu, oui. C’était le fun, il y avait une espèce d’ébullition, d’énergie créative. C’était la fast live, ça allait vite, on avait tous les mains dans le cambouis, c’était vraiment sympa. C’était les premières années de BonneGueule. Forcément aujourd’hui, avec le volume de commande qu’on a, on a un logisticien depuis un moment. Ça nous permet de se concentrer plus sur l’essentiel.

Olivier Roland : D’accord. Tout ça, vous avez géré en interne…, mais quand est-ce que vous vous êtes dits : maintenant, il est temps de passer à l’étape suivante, la boutique physique, parce que ça encore, c’est une grosse étape.

Benoit Wojtenka : Ça, c’est presque par hasard. L’histoire est simple. On louait des bureaux avec une autre boîte qui s’appelle « L’Exception » qui est un e-shop multi marque et ils sont parties de notre bureau parce qu’ils s’agrandissaient et ils avaient besoin de bureaux plus grands.

Donc nous, on s’est retrouvé avec un grand espace et Geoffrey voulait le relouer à d’autres entreprises. Et Flo qui était le responsable client a dit : « Attendez les gars, j’ai beaucoup de clients qui veulent venir essayer le produit, beaucoup de retours et tout qui chaque fois me demande : je suis sur Paris, est-ce que je peux venir dans votre bureau parce que plutôt que de m’embêter avec les colis… ? »

Geoffrey a dit : « Ok, on va faire un test, on va ouvrir le bureau le week-end, on va transformer cela en show-room. ».

Et mine de rien, en ouvrant juste les soirs et les week-ends, on n’était pas du tout dans une rue passante, on s’est aperçu qu’on était tout à fait rentable. Le chiffre d’affaires dégagé, on faisait à peu près 20 000 euros en physique par mois. Ce chiffre d’affaires-là pouvait suffire à financer une petite boutique.

Benoit Wojtenka : Vous avez fait une petite expérience sur le terrain.

Benoit Wojtenka : Exactement. Ça, c’est le côté startupeur de Geoffrey.

Olivier Roland : Lean startup, super méthode.

Benoit Wojtenka : On a testé un show-room physique, ça a marché, on s’est aperçu qu’on pouvait être largement rentable. On ouvre une petite boutique avec un risque mesuré, ça marche très bien. Du coup, on ouvre une plus grosse, on l’a ouvert en face de notre petite boutique. Nos deux boutiques sont au 14 et aux 15 rues Commines, l’une en face de l’autre.

Olivier Roland : Oui, je suis allé voir votre boutique à Paris il y a peut-être deux ans.

Benoit Wojtenka : Oui, c’était la petite quand on a investi le numéro 14.

Olivier Roland : Maintenant, vous avez une plus grande.

Benoit Wojtenka : Qui est juste en face.

Olivier Roland : Vous avez encore les deux, c’est facile de passer de l’un à l’autre.

Benoit Wojtenka : Exactement parce que franchement, avoir deux boutiques de la même marque dans la même rue, au niveau branding et au niveau du message, il y a un truc qui est particulier qui se passe.

Si on l’a fait, c’est aussi parce qu’on était tout à fait rentable et c’est un super bond parce que le chiffre d’affaires de la boutique a vraiment décollé grâce à ça.

Mais c’est un autre métier qu’il a fallu apprendre, on appelle ça seller retail : comment est-ce qu’on fait pour que les gens viennent en boutique, pour qu’ils passent un bon moment et qu’ils soient contents de faire un achat et comment est-ce qu’ils découvrent la marque ?

C’est vraiment des problématiques qui sont plus que jamais d’actualité chez BonneGueule et c’est hyper intéressant.

Olivier Roland : Et ça, ça vous a vraiment permis de toucher une nouvelle clientèle que le blog ne permettait pas.

Benoit Wojtenka : Oui, tout à fait. Tu avais des personnes qui, mine de rien, on vend des vêtements, tu avais des personnes qui voulaient essayer, tu avais des personnes qui n’étaient pas encore tout à fait à l’aise avec le fait d’acheter en ligne. Donc, ça a permis vraiment de faire venir des gens en boutique et de faire de nos clients fans…

On était dans le Marais, donc c’était une rue un peu passante. Là aussi, on a pu capter en super trafic.

Pour les gens, c’est devenu un bon moment de venir dans notre boutique. Les paniers sont plus élevés, tu as moins de retour. On a toujours ce mythe un peu de l’e-shop qui ne coûte rien par rapport à une boutique physique, mais ce n’est pas vrai.

Olivier Roland : Parce qu’il y a plus de retours.

Benoit Wojtenka : Il y a plus de retours, les paniers sont plus élevés parce que le mec, il vient pour une chemise et il se dit : « Mais attendez, je n’avais pas vu que vous avez cette veste avec ». Je vous en prie, essayez-la.

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Tu as moins de retour, le client essaie en vrai, les paniers sont plus élevés. Donc, il ne faut pas jeter le rituel physique aux orties.

Olivier Roland : D’accord. Même encore aujourd’hui, ça a de l’avenir.

Benoit Wojtenka : Bien sûr, effectivement, parce que nous, on est passé du métier d’infopreneur et je me suis pris en pleine face le métier de startupeur, tout ce qui est croissant, nouvelle expérience, le monde des startups qui avaient des fonds… qu’est-ce qu’elles font de tout cet argent, comment ils gèrent leurs croissances, comment ils se structurent, comment ils construisent leurs équipes, c’est vraiment passionnant aussi.

Aujourd’hui, dans les marques de vêtement un peu innovantes comme il y en a beaucoup aux États-Unis, un petit peu moins en France mais beaucoup aux États-Unis, si au début, elles étaient 100 % digitales, aujourd’hui, elles recommencent à apprécier le rituel physique.

Olivier Roland : Quand on discutait juste avant cette interview, tu m’as dit : « ça manque un peu quand même quand je n’étais qu’infopreneur. » Pourquoi ? C’est un peu de contraintes à gérer tout ce monde physique ?

Benoit Wojtenka : Je ne dirais pas ça parce que j’ai lancé un programme à 150 euros en ligne, une formation en ligne, un produit un peu star et j’aimais bien faire mon petit PowerPoint, allumer ScreenFlow qui est le logiciel pour enregistrer l’écran, parler devant le micro et dire : un manteau, il faut faire ça, vous pouvez le choisir comme ça, regarder telle finition.

J’aime toujours autant transmettre et écrire du contenu, en fait. Et mon métier d’infopreneur qui est devenu un métier d’entrepreneur, j’aimerais bien me trouver plus de temps pour créer à nouveau et prendre le temps de faire de beaux articles, c’est un truc qui me manque un peu.

Olivier Roland : Donc, tu n’as plus le temps d’écrire aujourd’hui pour ton blog ?

Benoit Wojtenka : Si, j’écris toujours, je fais des vidéos Youtube et j’aimerais bien avoir encore un peu plus de temps pour développer des nouveaux concepts et de les traduire en article.

Olivier Roland : D’accord, vous avez une équipe de rédacteur ?

Benoit Wojtenka : Oui, on a un point éditorial, on a un rédacteur en chef, c’est un ancien de CLCI, de chez Metronews, on a un community manager, on a Nicolo qui est un peu notre expert en mode masculine qui repère beaucoup de marques, on a Jordan et Michel qui sont nos deux rédacteurs aussi.

Olivier Roland : Vous avez une bonne équipe éditoriale.

Benoit Wojtenka : Oui, qu’on a un peu musclé récemment parce qu’avant, on était un peu sous-staffé par rapport à ce qu’on voulait faire.

Olivier Roland : Aujourd’hui, la partie infopreneuriat, vous vendez toujours des produits comme des livres, des formations ?

Benoit Wojtenka : On a juste le livre maintenant.

Je pense qu’aujourd’hui, nous, le contenu, le temps passé à créer un produit digital, il voudrait mieux qu’on le mette gratuitement pour attirer toujours plus de lecteurs, les fidéliser encore plus et être encore plus présents dans leur esprit.

Mais au fond de moi, j’ai toujours cette petite envie parce que le frisson du lancement du produit d’information, il est particulier aussi et j’aimerais bien le retrouver.

Olivier Roland : C’est une expérience unique.

Benoit Wojtenka : Exactement.

Olivier Roland : Un tel mélange de stress, d’excitation, de soulagement quand tu les payais.

Benoit Wojtenka : Refaire les trois petits vidéos de vente, refaire le script et tout, j’aimerais bien me replonger dedans.

Olivier Roland : Pour l’instant, c’est devenu un revenu complètement annexe de votre entreprise.

Benoit Wojtenka : Exactement. Aujourd’hui, nous, 99,9% du chiffre d’affaires, c’est la marque du vêtement. Ça, c’est clair et c’est super aussi. Moi, le vêtement est une vraie passion que j’aie depuis presque 11 ans. C’est super aussi de voir que tu as des gens, que je croise dans la rue, ils sont habillés en BonneGueule, ils ont le manteau BonneGueule, ils me reconnaissent et me dit : « Salut Benoit, j’adore ce que tu fais, j’ai acheté votre chemise, je suis super content ». Cela n’a pas de prix non plus, c’est merveilleux.

Olivier Roland : Dans cette interview de 2012, vous partagiez que vous étiez sur le point d’acheter un site en anglais et que vous étiez super excité à l’idée de vous lancer à la conquête du marché anglophone. C’est devenu quoi ça ?

Benoit Wojtenka : On a fait le voyage d’affaires en 2013 à New York. C’était vraiment marrant ce truc parce qu’il appartenait à deux Coréens.

J’ai fait mon premier voyage d’affaires grâce à BonneGueule en 2013, on a fait un super résultat et on a acheté le site. C’était 30 000 ou 50 000 dollars, je ne m’en souviens plus très bien.

On a effectivement acheté ce site, mais on avait tellement à faire en France qu’on s’est dit qu’on est en train de s’éparpiller, donc autant revendre le site. Et la ressource qu’on avait en France que sur le site américain, autant la mettre sur le marché français qui même encore aujourd’hui nous demande encore. On a encore tellement de choses à faire.

Donc, c’était une erreur dans le sens où on s’est éparpillé. On a revendu le site, je crois qu’on a un peu perdu de l’argent, mais c’était franchement fun. Ce voyage d’affaires à New York, ça appartenait à deux Coréens, c’était assez marrant.

Olivier Roland : Vous avez pu barrer votre to do list faire un voyage d’affaires à New York, racheter une boîte américaine.

Benoit Wojtenka : En plus, on avait été dans un super resto, je me souviens, dans un très beau resto à New York, c’était génial.

Olivier Roland : Ton analyse, c’est celle de beaucoup d’infopreneurs qui à un moment essaient un peu l’aventure en anglais, puis, laisser tomber parce qu’il y a tellement de choses à faire encore en français. Le seul infopreneur francophone que je connaisse qui ait vraiment réussi en anglais, c’est Alexandre Cormont. Il marche très bien en anglais.

Benoit Wojtenka : Oui. Il y a Gregory Lagrange qui a un gros site en anglais sur le jardinage.

Olivier Roland : Il y en a quelques-uns, mais c’est plutôt l’exception qui confirme la règle.

Benoit Wojtenka : Oui, il y a des bons acteurs quand même en général sur le marché anglophone.

Olivier Roland : C’est clair. Après tu vois, Alexandre Cormont dans « Love coach » avec la petite french touch, ça le distingue immédiatement. Mais tu ne peux pas utiliser la french touch dans tous les domaines. Toi dans ton domaine quand même, tu pourrais essayer.

Benoit Wojtenka : L’internationalisation, ça fait plusieurs années qu’on y pense, mais en France, on est très occupé. Là encore, on est repassé dans une phase d’hyper croissance alors que nous, on n’a pas fait de gros trucs en communication, mais simplement il y a un moment où la marque, il y a un effet boule de neige qui est tout à fait naturel.

C’est vrai que là, quand je t’ai dit qu’on est repassé à plus de 60 % de croissance d’une année à l’autre, il faut gérer toute cette croissance. Il faut financer les stocks, il faut bien les anticiper… et là, il ne faut vraiment pas qu’on s’éparpille.

Olivier Roland : Et dans cette interview de 2012, vous disiez que vous avez un rythme de travail assez tranquille, pas non plus en mode semaine de 4 heures clairement, mais plutôt tranquille.

Benoit Wojtenka : Ça, ça a bien changé. Par contre pour le coup, par semaine, je dois faire au moins 50 heures de travail.

Olivier Roland : Donc là, tu fais partie des entrepreneurs qui travaillent beaucoup.

Benoit Wojtenka : Oui, je suis un vrai entrepreneur pas semaine de 4 heures. Mais c’était tellement enrichissant, j’ai rencontré tellement de gens, parce que le fais de rester à Paris, mine de rien, on a pu se faire un super réseau, des gens qui étaient bien plus expérimentés que nous. J’ai tellement pu rencontrer de créateurs et moi, je suis très respectueux et admiratif des créateurs, des créatifs.

Ça a été beaucoup de rencontre et beaucoup de travail aussi, mais c’était l’aventure. Je crois que tu as une expression, « c’est le feu sacré ». On avait le feu sacré.

Olivier Roland : Vous l’avez toujours là, non ?

Benoit Wojtenka : Là, on l’a toujours et plus que jamais. Franchement, je pense que je dois quitter le bureau entre 19h30 et 20h, parfois 20h30 – 21h, mais c’est plus rare maintenant. Oui, c’est sûr qu’on a bien bossé.

Je n’ai pas une seconde eu l’impression d’avoir sacrifié ma vie ou d’avoir été prisonnier de mon entreprise ou quoi que ce soit, pas une seconde.

Olivier Roland : Et tu travailles le week-end ou pas ?

Benoit Wojtenka : Ça peut m’arriver, mais je crois que c’est ce que tu dis à un moment, mais qu’est-ce que du travail ? Parce que le week-end, aller sur des forums pour voir un peu ce qu’il dit sur les vêtements, moi, c’est un plaisir, je ne considère pas ça comme du travail.

Aller dans des boutiques, discuter avec des créateurs, essayer des vêtements, pour moi, c’est un plaisir, ce n’est pas du travail. Mais oui, on travaille un peu les week-ends.

De toute façon, quand tu as 35 personnes, tu es forcément sur le feu, il y a beaucoup de choses à gérer. Il faut le faire.

Comment s’appelle le mec qui a écrit ce livre « The E-Myth » ?

Michael GERBER qui dit qu’il y a 10 ans avec son livre qui a bien…

Olivier Roland : Il y a 20 ans même.

Benoit Wojtenka : Il y a 20 ans qui a prévenu tous les futurs infopreneurs : ne soyez pas prisonnier de votre entreprise, faites des projets…, moi, je ne me suis jamais senti dans ce cas-là vraiment. J’ai peut-être moins de liberté et de flexibilité en termes de style de vie, je ne peux pas voyager 6 mois par an et je suis très content de ce que je vis en ce moment, c’est très enrichissant.

Olivier Roland : Et tu mets en place des process ?

Benoit Wojtenka : Tu es obligé. L’enjeu non seulement, ce n’est plus de mettre des process, mais c’est bien de les organiser, c’est de les optimiser, c’est que tout le monde soit sensible à cette culture du process, au fait de les améliorer, de les documenter aussi. Il y a toute cette notion de knowledge management, on appelle ça, parce qu’en 6 ans d’entrepreneuriat, tu as une connaissance un peu diffuse qui se créé à l’intérieur de BonneGueule. Comment tu l’as formalise, comment est-ce que tu permets aux gens d’y accéder ?

Et c’est des problématiques. Moi, en tant que grand amateur de contenu, je trouve ça passionnant.

Comment est-ce que tu fais une charte éditoriale, comment est-ce que tu la nourris, comment est-ce que tu la rends accessible à toute l’entreprise, c’est hyper intéressant. On entend toutes ces problématiques des boîtes classiques finalement.

Olivier Roland : Est-ce que tu prends des semaines de vacances quand même dans l’année ?

Benoit Wojtenka : Oui, là, j’étais au boom festival qui est un peu le burning man façon version rock au Portugal, j’étais une semaine à Tours. J’en prends moins qu’avant.

Olivier Roland : Donc, tu es à peu près combien de semaines par an ?

Benoit Wojtenka : Entre 3 et 4 semaines.

Olivier Roland : Ça va quand même. Le printemps, tout ça.

Benoit Wojtenka : ça va et je sais que si jamais j’ai un gros pétage de câble, je sais qu’une après-midi, je peux dire : « Les gars, je bosse de chez moi, là je dois me respirer. » Ce n’est pas un souci.

Olivier Roland : Tu n’as pas des horaires de bureau fixes, tu as quand même une certaine flexibilité.

Benoit Wojtenka : Même s’il faut être présent quand même pour les équipes, c’est hyper important, mais je ne suis pas entrepreneur nomade, ça, c’est clair. Et ça ne me dérange pas de ne pas l’être.

Olivier Roland : Oui, justement parce que déjà en 2012, vous disiez que vous ne voyagez pas beaucoup toi et Geoffrey, c’est toujours le cas finalement aujourd’hui.

Benoit Wojtenka : Non, parce qu’on a beaucoup de fabricants dans toute l’Europe et on est amené à voyager un petit peu. Et en Mars, on a fait 10 jours au Japon pour rencontrer nos fabricants. Pour moi, c’était un rêve. Et on est en train de faire une web-série qui documente ça.

Olivier Roland : Oui, vous en avez fait un V-Log.

Benoit Wojtenka : Oui, mais qui n’est pas encore terminé. Il y a deux épisodes sur quatre, voire cinq qui vont être…

Olivier Roland : Et connaissant les Japonais, ils ont dû bien à vous accueillir.

Benoit Wojtenka : C’est génial.

Olivier Roland : C’est presque embarrassant tellement ils sont généreux.

Benoit Wojtenka : Justement ça, c’est génial parce qu’ils ont un sens du retail, du service qui est incroyable là-bas. Et moi, je n’ai qu’une hâte, c’est d’y retourner. Il y a plein de bonnes idées à prendre, à ramener en France dans les boutiques. C’est vraiment génial.

C’est vrai que je ne peux pas voyager un mois au Brésil ou je ne sais pas où. On peut voyager pendant deux jours au Japon, rencontrer nos fabricants, aller à Tokyo, c’est génial aussi.

Olivier Roland : Donc, tu joues le titre agréable.

Benoit Wojtenka : Tout à fait.

Olivier Roland : Et c’est payé par la boîte puisque c’est un voyage business.

Benoit Wojtenka : Oui, complètement. On peut dire qu’en deux jours pour le coup, c’était le kif, mais je n’ai pas eu une seule fois l’impression d’avoir été en vacances. Pas un seul instant, c’était hyper intense et c’était génial.

Olivier Roland : Dans l’interview de 2012, vous dites que vous utilisez AWeber comme vos logiciels auto répondeur, est-ce que vous avez changé d’outil aujourd’hui ?

Benoit Wojtenka : Oui, parce qu’AWeber, ils n’ont pas su…

Olivier Roland : En 2012, ils étaient très bien et aujourd’hui les gars, c’est le dinosaure.

Benoit Wojtenka : C’était pour les accents. Ça, c’est l’exemple type d’une boîte qui était leader et qui s’est encrouté, tout s’est calcifié.

Olivier Roland : Et qui n’a pas su évoluer.

Benoit Wojtenka : J’aime bien comparer une boîte à un corps humain. Geoffrey, c’est qu’il aime bien comparer une boîte à une machine, mais moi, c’est un corps humain et ce serait le corps humain qui n’a pas été assez stimulé, pas assez fait de sport et qui s’est atrophié. Aujourd’hui, on est sur Mailchimp.

Olivier Roland : Surtout que Mailchimp est plus.

Benoit Wojtenka : Oui, je crois même qu’on a un autre outil, il me semble. Sinon, notre directeur de la technique pense à changer d’outil parce qu’AWeber, on est limité sur certains points.

Olivier Roland : Mailchimp, tu veux dire.

Benoit Wojtenka : Oui, Mailchimp. Mais AWeber, on a lâché depuis bien longtemps parce que c’est devenu des dinosaures et c’est dommage.

Olivier Roland : C’est incroyable.

Benoit Wojtenka : Ils avaient plein de trucs à faire.

Olivier Roland : Mais là, ils sont largués.

Benoit Wojtenka : Même avec le Messenger, il y en a même qui font du marketing via WhatsApp, ils avaient plein de trucs à faire et il en a fallu batailler pour qu’ils prenaient en charge tous les accents.

Olivier Roland : Et ils ont juste mis en place que récemment le double Opt-in dans notre langue, notamment le français.

C’est incroyable. Pendant ce temps-là, tu as des outils de malade qui ont été créés. Tu as ActiveCampaign, Drip et tous ces trucs qui ont amené à Infusionsoft, dans un autorépondeur qui marche vraiment, contrairement à Infusionsoft.

On parle un peu en chinois pour les gens qui ne connaissent pas, mais les outils ont bien évolué, vous avez aussi suivi ça.

Benoit Wojtenka : Oui, complètement, et même tout ce qui est Youtube… parce qu’en 2012, il y a 6 ans, c’était loin d’être développé comme ça l’est aujourd’hui.

Olivier Roland : Oui, d’ailleurs vous avez été parmi ceux qui m’ont inspiré. C’est bien parce que je crois que je t’ai inspiré à démarrer le blog il y a quelques années.

Benoit Wojtenka : Moi, je t’ai découvert en 2008, mais ça va faire 10 ans d’ailleurs parce que je me souviens, j’ai découvert « Des livres pour changer de vie » à ma rentrée d’école de commerce septembre – octobre 2008. Donc, ça fait 10 ans que je connais tes écrits. Et ce qui est incroyable, c’est que je ne me serais jamais imaginé 10 ans plus tard être interviewé sur ton canapé.

Olivier Roland : Attention parce qu’on avait parlé de même faire ça dans la baignoire pour rigoler. Ok, peut-être ce sera pour la prochaine, on évolue après dans l’intimité.

Benoit Wojtenka : Oui, je t’ai découvert il y a 10 ans et je suis tellement reconnaissant parce que mine de rien, tu m’as éduqué à tellement de concepts qu’il y a 10 ans plus tard, j’y pense encore, des trucs très simples aujourd’hui, le fait de déléguer, Tim Ferriss que j’ai découvert.

Moi, j’ai des gens qui découvrent Tim Ferriss que maintenant et ils disent : c’est génial. Je dis : attends, moi, cela fait 10 ans que je…

Olivier Roland : C’est clair. J’étais à un évènement ce week-end où j’étais speaker et j’ai posé la question pendant ma conférence : qui ici a lu « La semaine de 4 heures » ? Et sur 400 personnes, il y a la moitié des gens qui ont levé la main. Ce qui est déjà pas mal, mais je leur ai dit : c’est dingue quand même. 10 ans après, il y a encore des gens qui ne connaissent pas.

Benoit Wojtenka : Moi, ça m’a beaucoup… parce que Tim Ferriss, c’est une introduction à l’infoprenariat pour faire simple.

Olivier Roland : Oui. Puis, à l’automatisation et une autre vision d’entrepreneuriat. Et on peut ne pas être d’accord, mais il y a toujours des choses à apprendre. C’est extrêmement nourrissant comme pensée.

Benoit Wojtenka : Exactement, surtout quand tu commences ta boîte avec ça, tu as déjà les bonnes bases sur l’effet d’automatiser et de déléguer, mettre les process, ne pas hésiter à se faire assister.

Je ne te remercierais jamais de tout ce que tu as apporté au Benoit avant BonneGueule parce que j’ai découvert tellement de choses via ton site qui m’ont beaucoup servi pour la suite.

Olivier Roland : Merci, ça me fait plaisir. Justement je voulais dire que je t’avais inspiré il y a longtemps, mais que toi et toute l’équipe de BonneGueule, vous m’avez inspiré notamment à un peu monter la qualité des vidéos Youtube, vous avez été parmi les premiers à faire des vidéos qui étaient un peu scriptés, un peu chiadés, un peu haut de gamme.

Benoit Wojtenka : On a encore beaucoup de progrès à faire là-dessus effectivement, mais quand tu as une marque de vêtement, tu es obligé d’entrer dans une logique de branding, donc tu es obligé de travailler ton image. Le 80/20, ça ne marche pas aussi bien que…

Olivier Roland : Ça, c’est intéressant. Tu veux dire que là, tu vas plutôt aller chercher la perfection dans le détail ?

Benoit Wojtenka : Tu es obligé de passer 20 % de temps en plus pour chercher 5 % en plus du résultat final.

Olivier Roland : Parce que tu penses que sur le long terme, ça rapporte plus que 5 % ?

Benoit Wojtenka : Ça, c’est la pensée de l’infoprenariat.

Si tu regardes avec ces lunettes du ROI très chiffré quantitatif, c’est un non-sens et ça va le rester. Par contre, il y a un moment où il faut créer de la durabilité, il faut créer une image, il faut créer un branding, il faut créer une personnalité et tu es obligé de passer du temps sur une belle image, sur des bons contenus.

Et c’est des choses qui sont très diffuses, ne serait-ce que pour avoir la bonne place dans l’esprit de ton client. Tu es obligé de passer un peu plus de temps là-dessus et de bon fonctionner en mode à l’arrache même si Jason qui est notre directeur artistique et Luc qui est un peu notre vidéaste fonctionnent vraiment à l’économie, ils font vraiment de la magie avec trois bouts de ficèle. Mais clairement, c’est un aspect sur lequel il faut être beaucoup plus de précautionneux.

Et par contre sur la création de contenu, je pense que le 80/20 ne s’applique pas toujours. C’était le mec de Wait But Why qui disait que plus tu vas passer d’extra mail sur son contenu, plus il t’augmente le potentiel de viralité.

Olivier Roland : Après, Wait But Why, c’est un exemple intéressant. C’est un blog dont j’ai déjà parlé qui, en gros, l’auteur publie tous les 3 mois et avec un rythme extrêmement régulier. Mais par contre, chaque article, c’est un bijou, c’est presque un livre.

Benoit Wojtenka : Oui, il fait des 20 000 mots, 30 000 mots tranquilles, il est chaud.

Olivier Roland : Et c’est vrai que c’est un blog extrêmement populaire. Mais par contre, tout le premier semestre 2018, il n’a rien publié. C’est un peu décevant.

Après, parfois quand tu tombes dans le perfectionnisme, tu tombes là-dedans.

Benoit Wojtenka : Effectivement, il crée l’attente.

C’est intéressant de voir quelqu’un qui fait ce truc-là à l’extrême et de voir les points forts ou pas. Mais je sais que mes articles, ils n’ont jamais autant marché quand j’ai passé l’heure supplémentaire et que de 5 heures de rédaction, ça se ressemble à 20 heures de rédaction.

On fait un lancement ce week-end, j’ai fait un article de 5 000 mots, ça m’a pris du temps, ça m’a pris deux bonnes journées et on a fait, on a vendu…

Olivier Roland : 5 000 mots, ce n’est pas mal.

Benoit Wojtenka : Oui, on a vendu 350 pièces à 580 000 euros.

Olivier Roland : C’est un article qui décrivait le vêtement.

Benoit Wojtenka : Le vêtement oui, on a vendu ça en 48 heures.

Olivier Roland : Allez voir les articles de BonneGueule et notamment les fiches produits qui présentent les vêtements, vous ne voyez cela de nulle part en France, c’est fou. Peut-être un peu quelque part, mais c’est vraiment un exemple tellement intéressant de contenu qui est vraiment là pour éduquer la personne et apporter de la valeur.

Benoit Wojtenka : Je vais te donner un peu la petite histoire derrière ces fiches produits, je me suis inspiré de deux choses. La première, c’est les pages de vente très longues des infopreneurs qui détaillent tout en long et en large en disant : plus la page produit est longue, plus ça sera justifié et l’autre source d’inspiration pour moi, ça a été Apple qui est allé jusqu’à faire un paragraphe sur le chanfrein de l’iPhone 5. Le chanfrein, le bord, le contour de l’iPhone sur la lentille, sur le verre utilisé, sur l’aluminium utilisé et ça m’a beaucoup inspiré aussi.

Olivier Roland : Tu me parlais du branding et tu me disais aussi avant qu’on démarre cette interview qu’un des défauts des entrepreneurs, c’est qu’ils ne se focalisent pas assez sur le branding.

Tu nous as dit un peu : l’intérêt, c’est d’attirer, de polir l’image, mais qu’est-ce qui t’a fait le déclic, qu’est-ce qui t’a fait que tu te dis : « Ok, maintenant il faut que je m’y mette » ?

Benoit Wojtenka : Déjà quand je voyais ce qui se faisait chez les infopreneurs, parce qu’ils ont tous un produit concrètement pour monter son blog et les motiver. Le problème, c’est que tu prends les pages de devant, tu enlèves le nom, ça pourrait être n’importe qui. Et quand tu as un discours qui devient très homogène parce qu’ils se cachent tous derrière l’excuse : « oui, mais on utilise le principe de copywriting qui est indémodable », mais ils utilisent tous les mêmes. C’est ça le problème. Ils n’arrivent pas à transcender ces trucs et je me suis dit : « Est-ce que nous, on n’est pas en train de souffrir de ça ? D’avoir quelques choses de trop génériques et de ne pas assez de distinction.

Surtout en plus dans le vêtement, les gens veulent une patte au bout d’un moment. Notre client, il apprend le vêtement avec nous, il commence à apprendre ses basiques et maintenant il se dit : « Ok, après qu’est-ce que j’ai finalement ? ». Et du coup, on s’est dit : il faut qu’on fasse une impression un peu plus forte et qu’on soit vraiment légitime en tant que marque de vêtement, que le vêtement BonneGueule ne soit plus le vêtement d’un blog qui a lancé sa marque mais que ça soit une vraie marque de vêtement et que même quelqu’un qui ne connaît pas BonneGueule puisse arriver et kiffer le produit.

C’est important de construire ça et de construire cette image.

Il n’y a pas eu de déclic, mais il y a eu un truc assez pareil à une réflexion qui a beaucoup maturé. Le fait d’être resté à Paris, l’avantage, c’est qu’on a pu rencontrer plein d’entrepreneurs et de créateurs dans la mode.

A un moment, tu fais un déjeuner, on te parle d’aspérité. Ensuite, on te fait un autre, on te parle de différenciation. Ça te fait réfléchir. Ça te remet beaucoup en question et tu dis : là où on va amener BonneGueule, où on va amener la marque de vêtement, il faut que l’image de marque suive.

En plus nous, on regardait pas mal ce qui se faisait aux États-Unis en termes de marque un peu innovante et on s’est dit : face à la concurrence qui s’intensifie, il faut qu’on ait une personnalité un peu plus forte qui passe par le branding.

Olivier Roland : Quelle est votre vision aujourd’hui ? Combien de boutiques BonneGueule ? Quel chiffre ?

Benoit Wojtenka : Nous aujourd’hui, les gens nous connaissent très bien en tant que média, mais beaucoup moins an tant que marque de vêtement. Du coup, on va faire un truc qui n’a jamais été fait par les infopreneurs, on va faire une campagne de pub dans le métro.

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Olivier Roland : Il y a une campagne de pub pour mon bouquin dans le métro.

Benoit Wojtenka : Oui, j’ai vu.

Olivier Roland : Mais c’est vrai que ce n’était pas pour un produit d’infoprenariat, donc, intéressant.

Benoit Wojtenka : On va voir ce que ça va donner. C’est Geoffrey mon associé qui a chapeauté le projet et si ce n’est pas ROI, c’est qu’il ne le fait pas, lui.

Il a appelé tous nos copains entrepreneurs qui avaient déjà fait des campagnes de pub dans le métro en disant : combien tu as payé, qu’est-ce que ça t’a apporté, quels ont été les retombés ? Puis, il m’a dit : « Benoit, j’ai fait mes devoirs, on le fait. »

Olivier Roland : Tu penses qu’il va y avoir un ROI positif ?

Benoit Wojtenka : Je pense. De combien, je ne sais pas, je serais ravi de te donner mon feed-back par rapport à ça.

On va faire ça, on continue à travailler beaucoup sur le branding, sur l’image des shooting. Là, on a un chef produit qui a quasiment 10 ans d’expérience dans le prêt-à-porter masculin.

On a beaucoup changé ce qu’on appelle « le collectionning », c’est-à-dire comment structurer ta collection de vêtements parce qu’avant, c’était beaucoup à l’envie : « tiens, je vois telle matière, faisons-en une chemise. Je vois telle matière de jean, on n’a qu’à faire un jean. »

Sauf que tu as déjà sorti 3 jeans, tu as déjà sorti 4 chemises et ce n’est pas tout à fait cohérent.

Donc Julien qui est chef produit m’a apporté un peu cette vision : « Benoit, c’est un peu le bordel, tu fais trop à l’intuition à l’envie, il faut qu’on structure un peu ça ».

On a une collection qui est plus cohérente, qui est plus crédible et plus facilement compréhensible. Au niveau du retail physique, le but, ce n’est pas d’ouvrir 15 boutiques, mais d’arriver à cibler les villes où il y a un potentiel. On a un data analyste en interne qui fait mouliner plein de choses, il regarde notre nombre de clients on line dans telle ville, le nombre d’habitants, ceci cela, puis à partir de ça, on arrive à prendre des décisions sur le retail. Donc là, c’est Lille.

Sur le retail, on veut encore le plus haut niveau de l’expérience boutique.

Là, on a des super conseillers, on a une belle boutique, on a des super commentaires des clients qui sont très contents d’avoir une expérience assez unique en boutique et on veut encore aller plus loin, avoir une expérience encore plus unique.

On va lancer les recrutements pour recruter un directeur de l’expérience retail pour savoir comment on peut être une boutique vraiment hyper impactante et vraiment marquante, un peu comme ce qu’on a vu au Japon, Geoffrey et moi.

Il y a ça, on retravaille sur le retail, on retravaille sur la communication autour de la vente, toutes ces logiques de boîtes classiques finalement.

Olivier Roland : Et donc, ça t’excite tout ça ?

Benoit Wojtenka : Bien sûr, parce que je me dis : mais où est-ce que ça va s’arrêter ? Puis, on continue à avoir une belle expérience et apprendre encore et encore. C’est ça qui est génial.

Mon plaisir, c’est toujours de temps en temps de me lire un petit guide sur comment faire cours on line. C’est toujours un petit plaisir, mais effectivement, passer de l’infopreneur à l’entrepreneur, en tout cas, c’était une aventure humaine qui est en tout point passionnante, qui n’a pas toujours été facile et de ces moments compliqués, j’ai énormément appris.

Je suis très content de l’expérience que j’ai pu avoir et que je suis en train de continuer à avoir parce qu’on a fait aussi une levée de fonds.

Olivier Roland : Vous avez fait une levée de fonds pour financer le magasin physique ?

Benoit Wojtenka : Pas seulement, c’était surtout pour agrandir l’équipe parce qu’on a besoin de profil.

Olivier Roland : Intéressant, un infopreneur classique ferait un lancement pour financer ça plutôt que de faire une levée de fonds.

Benoit Wojtenka : Oui, mais là, il y avait beaucoup. Il nous fallait un peu plus. D’ailleurs, j’ai fait un très long article pour expliquer la levée de fonds. J’ai dû expliquer : qu’est-ce que c’est qu’une…

Olivier Roland : Parce que vous êtes très transparent aussi sur le processus, la stratégie…

Benoit Wojtenka : Oui, ça, c’est un truc hyper important parce que justement moi, que ça soit dans la mode ou dans l’infoprenariat, il y a beaucoup de petits arrangements avec la réalité.

Les gens ne disent pas tout à fait la vérité ou l’embellissent à mon goût parfois un peu trop. Et à moins de te différencier, c’est « d’être vraiment transparent pour de vrai », de dire : « Voilà, on ne vous cache rien ». Donc, j’ai fait un long article avec Geoffrey de 3 000 mots.

Olivier Roland : Qui s’appelle comment ?

Benoit Wojtenka : Qui s’appelle BonneGueule fait une levée de fonds, on vous explique tout. On a eu 100 commentaires, les investisseurs ne voulaient pas qu’on fasse en disant : les gens ne vont jamais comprendre. Pourquoi vous faites ça ?

J’ai dit : « si, notre mission à nous, c’est leur faire comprendre. Chez BonneGueule, on a le savoir-faire nécessaire en termes de pédagogie pour le faire. »

Donc, j’ai fait cet article-là où j’explique le pourquoi du comment de la levée de fonds. Et dans les commentaires, j’étais content de voir, il y avait certains profs en école de commerce qui l’utilisent dans leurs cours.

Olivier Roland : Super.

Benoit Wojtenka : Oui, c’est très cool.

Olivier Roland : Vous avez fait rentrer les actionnaires au capital ? Qui sont actionnaires minoritaires ?

Benoit Wojtenka : Tout à fait, oui. Geoffrey et moi, on est très largement majoritaire.

Olivier Roland : Mais du coup, ces actionnaires peuvent vous donner des conseils stratégiques.

Benoit Wojtenka : Oui, mais ça, c’était génial parce que par exemple, on a l’ancien directeur financier d’Airbus. Quand tu as besoin de structurer financièrement ta boîte, c’est vraiment super.

On a aussi François que je salue qui était notre coach qui est aujourd’hui investisseur chez nous, qui était l’ancien président Europe de Mars, les barres chocolatées. En management, lui, il a tout vu et tout vécu.

A chaque fois, quand tu te poses des questions sur le leadership, comment motiver une équipe, comment on est exemplaire, il a une vraie sagesse. Il a plus de 60 ans et c’est hyper intéressant.

C’est pour ça que je ne regrette pas tout ça parce qu’en retour, j’ai tellement appris. Et ce que je déplore quand je vois certains infopreneurs, c’est qu’une fois que la machine tourne bien, ils ne sont plus motivés pour faire de la croissance. Il y a une espèce de train-train qui s’installe et ils n’ont pas la chance de rencontrer ces profils que j’ai pu rencontrer qui sont d’une très grande sagesse et d’une très grande aide.

Olivier Roland : Oui. Après, tout le monde n’est pas dans ce cas-là et tu vois des gens comme Cédric Annicette qui se développe. Mais c’est vrai que comme ils ont tendance à partir un peu lion, ce n’est pas aussi évident pour eux de rencontrer un profil comme ça.

Benoit Wojtenka : Moi, je suis très content d’être resté à Paris. On aurait pu partir je ne sais pas où, mais les mecs qui étaient capables de faire passer BonneGueule à une étape supérieure, ils étaient à Paris. Ils n’étaient pas en train de se la couler douce sur une île, ils étaient en train de former des équipes.

Olivier Roland : Ces infopreneurs souvent vont se former aux États-Unis dans des évènements. Ils ont peut-être aussi l’occasion de rencontrer des gens là-bas qui peuvent les aider, mais ce sont la culture effectivement.

Benoit Wojtenka : Ce n’est pas tout à fait pareil. Effectivement, il y a ces grands évènements aux États-Unis, mais le fait de passer une heure…

Olivier Roland : Mes évènements en France maintenant, il y en a quand même pas mal.

Benoit Wojtenka : Oui, même si là aussi, j’ai peur que ça peut se pitcher à notre produit plus cher qui a vraiment donné de la valeur aux gens.

J’en ai fait quelques-uns d’ailleurs parce que je t’ai invité et il y a des évènements où j’étais hyper déçu parce qu’au bout d’un moment, quand tu fais un ou 2 millions, l’étape d’après, tu n’as plus grand monde. Tu n’as pas un infopreneur qui existe en France sur l’étape d’après.

On t’apprend de passer 2 euros à 1 000 euros par mois, mais pas de 1 000 à 100 000 euros par mois. Il faut au moins de 1 000 à 1 million d’euros par mois. Et pour moi, on a accès à toutes ces compétences-là via notre réseau à Paris.

Olivier Roland : On voit vraiment la richesse que tu as obtenue intellectuelle et de compétence en explorant ces deux mondes-là, en les faisant se joindre. Il y a vraiment une énorme carte à jouer en francophonie même dans le reste du monde en prenant le meilleur de ces deux mondes-là. Là, tu as un excellent exemple et tu es une toute petite minorité. Donc, il y a encore beaucoup de choses à faire.

Benoit Wojtenka : Tu parlais de Cédric Annicette, je sais qu’il a un site sur le régime Paléo, il faut qu’il lance des compléments alimentaires Paléo. Là-dessus, la scalabilité va être complètement folle.

Olivier Roland : Je sais qu’il a lancé des produits physiques mais un peu genre goodies, mug,… ce qui est peut-être une première étape.

Benoit Wojtenka : Mais il faut aller plus loin.

Olivier Roland : Après, il fait du bon boulot. Je pense qu’un jour, il va se mettre à faire ça.

Benoit Wojtenka : Mais ça, je pense que c’est un truc qui peut faire passer de 6 millions à 12 millions.

Ne pas avoir peur du produit physique, c’est mon message à tous les infopreneurs parce que quand même quand tu as ton nom sur un objet tangible, ça n’a pas de prix non plus.

Olivier Roland : Alors que par exemple, quelqu’un comme moi, qu’est-ce que je pourrais faire comme produit physique ? Tout à l’heure, tu as dit des sacs de voyage par exemple.

Benoit Wojtenka : J’y réfléchis parce que je me suis dit et c’est vrai que je dis ça pour les infopreneur : « à Olivier, qu’est-ce que je peux lui dire ? »

Olivier Roland : Tu connais bien mon positionnement et tout ça.

Benoit Wojtenka : Moi, c’est bête. Tu as fait un livre, tu es passé par un éditeur, mais moi, je pense qu’après BonneGueule parce que s’il y en a après un jour dans je ne sais pas dans 5, 10, 15, 20 ans, j’aurais envie de faire un très beau livre : un livre à 50 balles, un très bel objet physique, un peu comme une Bible quand un entrepreneur serait dans la tourmente, qu’il pourrait serrer contre lui, un bel objet rassurant.

Aux États-Unis, j’ai vu quelques exemples de mec qui avait fait des livres à 50 dollars. Je m’intéresse de plus en plus au très beau livre en tant que bel objet. Tu as des trucs fabuleux et je te conseillerais de faire un très beau livre, mais un truc vraiment très différencié, pas avec la couverture en carton souple. Faire un truc vraiment …

Olivier Roland : Vraiment beau.

Benoit Wojtenka : Un bel objet physique ou sinon sur l’objet du voyage, faire des collaborations de tes marques, il y aurait des choses à faire.

Si on fait un petit brainstorming, je suis sûr qu’on va trouver.

Olivier Roland : Aujourd’hui, quel est votre rôle à toi et à Geoffrey ?

Benoit Wojtenka : Geoffrey, lui, s’occupe de la partie stratégie marketing croissance.

Olivier Roland : Ce qu’il faisait déjà en 2012.

Benoit Wojtenka : Exactement, ça n’a pas changé. Et moi, je m’occupe de la partie produit avec mon chef produit et de la partie contenu avec mon rédac chef.

Olivier Roland : Donc, tu faisais déjà le contenu en 2018. Sauf que là, tu délègues beaucoup plus j’imagine.

Benoit Wojtenka : Moi, je suis aussi un très mauvais chef de projet. Que les projets arrivent en temps et en heure, ce n’est pas ma plus grande compétence. Du coup, Christophe, mon rédacteur en chef fait un boulot fantastique. J’adore le contenu, je continue à aimer ça et je continue à m’occuper de ça. C’est pourquoi les clients viennent sur BonneGueule, c’est pour du contenu ou pour du vêtement et c’est moi qui suis derrière ça.

Geoffrey dit que je suis le contenu et lui, il dit qu’il est le contenant.

Olivier Roland : C’est une belle image, oui. D’accord, donc lui, il va habiller. Toi, tu vas écrire le livre et il va faire un bel objet.

Benoit Wojtenka : Lui, je pense qu’il va faire l’opération kickstarter pour qu’on ait 100 000 dollars dans les deux heures, l’acquisition…, le communiqué de presse. Lui, c’est plus comme ça.

Olivier Roland : Avec la faute de frappe que vous avez, le call-phoning, ça va bien marcher. Vous avez déjà testé ?

Benoit Wojtenka : Non, il y a des marques qui se construisent là-dessus, sur le système de précommande. C’est quelque chose que j’aimerais bien faire, mais là aussi, je n’aimerais pas le faire comme tout le monde.

Les marques qui le font ont une approche très basique, vendre des produits basiques encore moins chers que d’habitude. Et moi, j’aimerais prendre le contrepied, vendre des vrais produits de luxe mais moins chers. Ça serait quand même des produits à 300, 400, 500 euros, mais qui seraient vendus normalement à 1 500 ou 2 000 euros.

Donc, quelque chose de plus nice et de plus passionnant parce que je m’ennuierais si je sortais une chemise toute simple, blanche, je ne vais pas épanouir à vendre ça. Donc, une approche de la précommande mais beaucoup plus orientée luxe.

Olivier Roland : Tu m’as dit quelque chose de très intéressant, tu m’as dit : il n’y a pas d’infopreneur en français qui t’explique comment passer de 100 000 euros à 1 000 000 et au-delà. Quel est le conseil que tu donnerais ou peut-être les conseils rapides pour passer de 100 000 à 1 million et après, au-delà ?

Benoit Wojtenka : Déjà aux États-Unis, Ramit Sethi a sorti récemment un produit qui s’adresse à ces infopreneurs-là.

La croissance, c’est toujours des multiples de 1 à 3, c’est-à-dire qu’il faut passer de 0 à 3 employés, le prochain gap va être pas à 6 employés mais à 10 employés. Une fois que tu as 10 employés, le prochain gap va être à 30 employés, le prochain va être à 100. Et c’est pareil pour ton chiffre d’affaires.

Mon conseil pour passer de 100 000 à 1 million, c’est une bonne question parce qu’au bout d’un moment, l’acquisition, c’est un moment où il faut créer une marque différentiée, faire du branding pour que le mec comprenne pourquoi est-ce que j’irais chez Olivier Roland plutôt que chez…

Olivier Roland : Après, j’ai quand même un personal branding qui est fort.

Benoit Wojtenka : Oui, qui est très fort.

Pour moi, tu es plutôt le bon exemple parce que tu as fait un livre qui a marqué les esprits, tu as plus de 100 000 abonnés sur ta chaîne Youtube. De manière intuitive, je ne sais pas si tu t’en es rendu compte, tu as commencé à construire ça et je pense que tu es impressionnant, tu es très claire par rapport à d’autres infopreneurs.

Donc de passer de 100 000 à 1 million d’euros par mois, il faut une équipe et déjà il faut être structuré pour. Il faut une équipe qui est prête à accueillir cette croissance, ça, c’est la première chose. Il faut sortir plus de produits.

Olivier Roland : Y compris les produits physiques.

Benoit Wojtenka : Produits physiques et sortir plus de produits.

Olivier Roland : Après, on peut passer en tant qu’infopreneur de 100 000 à 1 million sans produit physique.

Benoit Wojtenka : Par mois, ça commence à être quand même un peu chaud.

Olivier Roland : Et moi, je rajouterais dans tout ce que tu as dit là : pour moi, une des clés qui a fait la grosse différence, c’est de faire des belles études de cas de mes clients et de prendre carrément…

Benoit Wojtenka : Tu as dit : c’est ce qui a fait la différence.

Olivier Roland : un vrai réalisateur qui nous a fait des trucs genre discovery channel.

Benoit Wojtenka : Tu as fait du branding et tu as vu ce que ça a donné.

Olivier Roland : Tout de suite l’esthétique, les gens raccrochaient beaucoup plus.

Benoit Wojtenka : Et toi, tu as vu ce que ça a donné ton petit court métrage. Je me suis dit : Olivier, il a tout compris. J’ai vu la vidéo, c’est génial. C’est vraiment bien, mais tu as fait du Branding, tu as fait un truc qui n’était pas très répandu en France, qui changea un peu l’interview sur le canapé classique.

Olivier Roland : Je ne vois pas de quoi tu parles.

Benoit Wojtenka : Tu as mis quelqu’un qui allait filmer les gens chez eux, il y avait un côté humain. Et je ne sais pas si tu t’es aperçu de la portée de ce que tu as fait à ce moment-là.

Olivier Roland : ça a eu un impact quand même.

Benoit Wojtenka : Mais en termes de branding et en termes de changement parce que tu aurais pu dire 20/80, on va chez les gens, on prend le Go-Pro et on les attend.

Olivier Roland : C’est ce que j’ai fait au début, ce qui est déjà très bien parce que l’étude de cas, c’est super important.

Benoit Wojtenka : Il faut le faire, mais la marge à prix, je trouve que tu l’as très bien faite.

Olivier Roland : A côté de ça, je continue à faire des vidéos avec ma petite caméra à la main qui est un peu pourrie. Mais effectivement, oui.

Finalement pour résumer un peu tout ça, au bout d’un moment, il faut investir pour avoir un truc un peu plus chiadé. Le 20/80, c’est très bien pour aller jusqu’à 100 000.

Benoit Wojtenka : Pour commencer, il faut transcender et l’inclure comme dirait mon ami Vincent.

Olivier Roland : Pour ça, il faut savoir prendre des professionnels parce que vous n’allez pas commencer à apprendre comment devenir Spielberg, ça vous prend un temps fou. Il vaut mieux prendre un Spielberg, le payer.

Benoit Wojtenka : Et à un moment, il faut sortir un peu de ce mindset de la tactique, de comment je vais chercher 0,5% plus dans la conversion et je dis : comment je peux faire ? Je peux faire une opération qui soit vraiment différente de ce que font les autres. Qu’est-ce que moi, je vais apporter au monde et comment je peux le mettre en scène, comment je peux l’expliquer. Et effectivement comment passer de 100 000 euros à 1 million ? Il y a un moment où il faut investir dans son image et typiquement, c’est ce que tu as fait. Mais pour moi, le gap de passer de 0 à 300 000 euros, il a été bien plus difficile que de passer de 500 000 à 1 million.

Olivier Roland : C’est ce que beaucoup d’entrepreneurs et infopreneurs disent et c’est vrai. Au bout d’un moment, quand on sait comment ça marche, il faut faire un peu plus.

Benoit Wojtenka : Quand la boîte est structurée pour, quand tu as l’équipe qui est prête à gérer cette croissance et à la créer, il n’y a plus aucun problème finalement.

Olivier Roland : Puis, vous avez des ressources aussi pour faire des choses plus belles, acheter du trafic éventuellement. Vous faites un peu de pub sur Facebook ?

Benoit Wojtenka : Oui, bien sûr. Justement depuis cet été, on a recruté une responsable acquisition, ça fait 5 ans qu’elle fait ça.

Donc là, un début de réponse pour passer de 100 000 à 1 million, c’est : il faut investir dans son équipe, investir dans ses profils et avoir des bons chefs de projet.

Je sais que tu le fais, mais je vais quand même émettre une réserve, il y a un moment où on ne peut plus fonctionner avec que des freelances. Un mec qui te fasse une acquisition, qui t’amène du lead, tu embauches un top gun. Tu veux un mec qui gère tes lancements, tu embauches un super chef de projet.

Il faut créer l’équipe qui va te permettre d’aller chercher ce chiffre d’affaires.

Pour moi, le conseil que je peux donner aux infopreneurs, ça serait ça. Cédric, il a créé une équipe, il a pris des bureaux et c’est aussi devenu une boîte normale.

Olivier Roland : Il m’a dit aussi que d’après lui, c’est un facteur extrêmement important.

Moi, je n’ai que des freelances, il n’y a aucun bureau physique, tout le monde travaille en remote sans aucun avoir de bureau. Toi, tu ne crois pas à ce modèle-là.

Benoit Wojtenka : J’y crois jusqu’à un certain moment. Je pense que pour aller chercher 5 millions d’euros de chiffre d’affaires, à un moment, tu es obligé d’avoir une équipe avec une culture d’entreprise, des valeurs à les motiver, avoir des bureaux, à souder l’équipe.

Olivier Roland : Challenge excepté, je vais tenter d’atteindre les 5 millions sans avoir de bureau physique et je pense que c’est possible, on verra bien.

Benoit Wojtenka : Je pense aussi.

Olivier Roland : Ça serait un super challenge. Là, je suis à peu près à 2 millions par an de chiffre d’affaires. Il faut que je fasse un peu plus que deux fois.

Benoit Wojtenka : Pour moi, tu es pile au…

Olivier Roland : C’est surtout franchement, très honnêtement, je ne travaille pas beaucoup par rapport à certains.

Benoit Wojtenka : Tu es pile au plafond où là il va falloir justement…

Olivier Roland : Je vais peut-être le faire, je me retrousse les manches un petit peu, oui.

Benoit Wojtenka : Et que tu te remettes en bonne question dans le sens où ce n’est pas un lancement de plus que je vais y arriver.

Je suis très intéressé de voir ce que tu vas préparer en tant que nouveau produit où je pense que le modèle va évoluer.

Olivier Roland : Ça va passer par d’autres produits, c’est sûr, une augmentation du trafic des blogs que j’ai laissé…

Benoit Wojtenka : Tu es pile à la limite où on peut encore y arriver tout seul en mode freelance parce que Ramit Sethi, je crois qu’il a commencé à embaucher ses premiers employés, je crois que c’était aux alentours de 2 ou 3 millions justement. Il faut que je retrouve le PDF et je t’enverrais le détail. Donc toi, tu es pile à la limite.

Olivier Roland : Est-ce que tu crois à la possibilité de laisser tes employés travailler à distance peut-être partiellement ?

Benoit Wojtenka : Non, c’est du télétravail. La question que tu me poses, c’est : est-ce que je crois au télétravail ?

C’est autorisé chez nous, il y a des boîtes où ce n’est pas le cas. C’est possible, moi, je suis quand même partisan.

Les mecs qui sont ensemble, c’est une équipe. Ils sont soudés, il y a des liens qui se créent, il y a des synergies. Il y a ce côté un peu intangible et peut-être qu’effectivement ça me coûterait moins cher qu’ils sont tous à distance et tout, mais ce n’est pas la culture humaine que je veux vivre.

Olivier Roland : Tu veux vraiment créer une culture avec des gens.

Benoit Wojtenka : A mes petits-enfants, je n’ai pas envie de leur dire : « Regardez les enfants, j’ai des employés tous en télétravail ». J’ai envie de leur dire : « il y avait une vraie équipe ».

Olivier Roland : Pourquoi pas ?

Benoit Wojtenka : Pourquoi pas ? Moi, je respecte les…

Olivier Roland : C’est surtout tes petits enfants. Quand ils seront à l’âge d’écouter ça, à mon avis, ça sera très répondu.

Benoit Wojtenka : ça sera très répondu, c’est vrai. Mais je respecte tous les choix et j’envie certains infopreneurs à certains moments. Dans les moments les plus difficiles de BonneGueule, je n’ai pas pu m’empêcher d’envier les infopreneurs qui étaient tous seuls, qui n’avaient rien à gérer, mais c’était beaucoup plus simple.

Mais moi, j’ai envie de l’aventure humaine. Je n’étais pas préparé, mais j’y ai pris goût et c’est ça que j’ai envie de donner aux employés.

J’ai envie qu’ils viennent dans un beau bureau, qu’ils fassent un truc, qu’ils apprennent des choses, qu’il y a un collectif qui se crée. C’est une équipe de foot que je veux avoir. Et ce n’est pas une équipe de foot, elle ne peut pas se faire quant à chaque jour, qu’ils s’entrainent en remote. Moi, je vais dans cette direction en tout cas.

Olivier Roland : En tout cas, une discussion extrêmement intéressante et enrichissante. Peut-être que dans 6 ans, on fera un bilan et on verra.

Benoit Wojtenka : Rendez-vous en 2024.

Olivier Roland : Exactement, ça parait lointain, mais comme ça paraissait lointain aujourd’hui 2012.

Jetez un œil sur cette interview de 2012. Dommage que Geoffrey n’a pas pu venir, mais c’est impressionnant, à mon avis juste de voir ton assurance, comment tu t’exprimais et tout. Ça n’a pas mal changé parce que je l’ai vu il y a quelque temps.

Benoit Wojtenka : Oui, c’est vrai.

Olivier Roland : C’est impressionnant de voir la transformation et là, peut-être dans 6 ans, tu seras…

Benoit Wojtenka : C’est vrai qu’en 2012, je découvrais l’entrepreneuriat. J’étais encore tout timide, je ne me sentais pas forcément légitime, le syndrome de l’imposteur.

J’ai appris grâce à toi, il y a 10 ans justement et je pense que j’en ai un peu atteint, non pas en tant qu’infopreneur expert du sujet, mais plutôt en tant qu’entrepreneur. Et justement là, tu es content d’avoir des coachs qui t’aident à dépasser ça.

Olivier Roland : Merci beaucoup Benoit d’avoir accepté cela avec nous en toute transparence et profondeur.

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