Pourquoi la plupart des blogueurs abandonnent leur blog (et comment développer sa résilience pour continuer)
Soyons honnêtes. Depuis que j’ai acheté la formation d’Olivier Roland il y a dix ans, j’ai dû créer (et abandonner !) environ 25 blogs différents. Vingt-cinq. Pas deux. Pas cinq. Vingt-cinq !
Mais mon rêve est toujours resté le même : vivre de quelque chose que j’avais créé de A à Z, à la sueur de mon clavier. L’argent était presque secondaire. Mon souhait le plus cher était de créer mon métier du début jusqu’à la fin, de produire quelque chose du néant et d’en faire une réussite. Et ce rêve persistait. Mais à chaque fois, j’abandonnais.
Jusqu’en janvier dernier, où j’ai failli tout arrêter. Encore.
Le syndrome de la page blanche du blogueur – Crédit photo : @ steve_a_johnson
Mais cette fois-ci, il s’est passé quelque chose de différent. Et ce quelque chose a tout changé.
Si vous êtes blogueur et que vous vous demandez comment trouver la force de ne pas abandonner votre blog quand tout paraît difficile, cet article est pour vous.
Note : cet article invité a été écrit par Mélanie du blog Focus Résilience.
Ce que personne ne dit vraiment sur l’abandon d’un blog
On parle beaucoup de stratégie dans le blogging. De SEO, de tunnels de conversion, de régularité dans la publication des articles. De stratégie sur les réseaux sociaux, de podcasts et de vidéos…
Mais on parle rarement de ce qui se passe vraiment derrière les coulisses, dans la tête du blogueur plein d’espoir, quand son blog chéri ne décolle pas.
En tant que blogueur, on connaît tous cette petite voix qui dit à tout bout de champ : mais à quoi bon ?
On a ce sentiment d’être le seul ou la seule à ne pas y arriver, alors que tout le monde autour de nous, dans les groupes de blogueurs semble progresser.
Je l’ai ressenti maintes et maintes fois, cette fatigue de publier dans le vide, d’optimiser sans avoir de résultats visibles, de se comparer à des blogueurs pour lesquels tout a l’air de rouler.
Et puis un matin, je décide de fermer mon ordinateur. Et de ne plus toucher à ce maudit blog.
J’ai vécu ça vingt-cinq fois. Et croyez-moi, ce n’était presque jamais une question de stratégie.
Pourquoi les blogueurs abandonnent leur blog – la vraie raison
1. On écrit sur quelque chose qui ne nous appartient pas
Mon tout premier blog est celui qui a perduré le plus longtemps. C’était un blog au départ personnel, pour tenir ma famille et mes amis au courant de mon cheminement avec un cancer du sein triple négatif. Il a bien marché pour un blog personnel, mais au bout de trois ans, j’ai ressenti le vif besoin de l’arrêter pour passer à une autre thématique.
Disons que ce premier blog était particulier.
Ensuite, mes premiers blogs suivants traitaient de thématiques que je pensais “rentables”. Des sujets choisis avec la tête, pas avec les tripes. Mais voilà, nous savons tous qu’écrire sans véritable passion ne mène jamais très loin.
Et puis, écrire sur quelque chose qui ne vous anime pas vraiment est épuisant. Et l’épuisement finit toujours par avoir le dessus. Enfin, c’était le cas chez moi.
Saviez-vous qu’il existe même un terme savant pour ce phénomène ? Ça s’appelle le manque d’autonomie psychologique ! Les auteursDeci et Ryan en parlent dans leur théorie de l’autodétermination ¹.
En d’autres termes, si nos actions ne sont pas alignées avec nos valeurs profondes, la motivation intrinsèque s’effondre.
Et avec elle, la persévérance, forcément.
Persévérer – Crédit Photo : @ freepik
2. On se met une pression démesurée
Quand on est blogueur, on connaît cette chanson : publier deux fois par semaine. Optimiser chaque article. Être présent sur tous les réseaux. Construire une liste email. Et tout cela en même temps bien sûr. Et souvent seul, la plupart du temps sans résultats visibles pendant des mois.
J’avais installé Yoast SEO à l’époque. Comme préconisé dans la formation d’Olivier. À chaque article, j’avais ce sentiment désagréable quand je voyais ce petit feu rouge apparaître en bas de mon texte.
Pas assez optimisée petit scarabée ! Pas assez tout court.
Cette sensation était tellement désagréable que j’ai fini par ne plus écrire du tout. Au moins, je ne voyais plus ce feu rouge signé Yoast. Ou ce signal orange me disant toujours ‘peut mieux faire’.
C’est ce qu’on appelle dans le jargon psychologique le stress chronique de performance.
Il n’y a rien de plus efficace pour diminuer la créativité et accélérer l’épuisement ².
3. On est seul face au doute
Le blogging est un métier solitaire. Comme tout métier d’écrivain par ailleurs. Nous créons tous dans notre coin. Nous doutons dans notre coin. Et nous nous décourageons également dans notre coin…
Pour celles et ceux qui s’intéressent un peu au concept de résilience, sachez que le soutien social, le fait de se sentir encouragé et soutenu par les autres, est l’un des leviers les plus puissants qui existent face à l’adversité ³. Si vous n’avez pas de communauté et personne qui vous encourage de l’extérieur, et avec bienveillance, il est complètement normal que le moindre obstacle vous paraisse insurmontable.
Janvier dernier — le moment où j’ai failli tout arrêter
Je m’appelle Mélanie. Et à 36 ans, j’ai traversé un cancer du sein triple négatif agressif.
Cette épreuve a été pour moi une véritable traversée vers un nouveau moi. J’ai dû d’abord accepter la situation avant de pouvoir vraiment avancer. Si ce sujet vous parle, je vous invite à lire : qu’est-ce que la résilience en réalité ?
J’ai créé le blog Focus Résilience pour partager ça. Mais au tout début, je ne parlais que de résilience matérielle. Face aux crises.
Mais en janvier dernier, j’étais à nouveau à bout. Mon blog créé six mois plus tôt stagnait. Je doutais de tout : du sujet de mon blog, du style, de moi. Et ma petite voix familière est revenue : arrête, ça ne sert à rien. Ça faisait 25 fois qu’elle me faisait le coup en 10 ans.
Mais cette fois, j’ai fait quelque chose de différent. J’avais ce rêve depuis trop longtemps maintenant.
Au lieu de fermer l’ordinateur une fois de plus, j’ai posté un message dans le groupe Facebook de Blogueur Pro pour exprimer ce que je vivais.
Et là, il s’est passé quelque chose : une salve de soutien inattendu. Des messages de blogueurs qui vivaient exactement la même chose. Et par la suite des rencontres avec des copines de blog qui m’ont vraiment aidée à avancer !
Donc je n’étais pas seule ! Et je ne l’avais jamais été au fond.
Je m’étais juste isolée en portant ce fardeau de l’échec dans mon coin. Comme on le fait très souvent face aux épreuves difficiles. J’explique d’ailleurs pourquoi certaines épreuves nous transforment profondément sur mon blog. Et le blogging n’échappe pas à cette règle.
Ce que j’ai fait au lieu d’abandonner
Suite à ce post à succès, j’ai décidé de faire une pause. Pas pour abandonner à nouveau, non. Juste pour faire une pause.
Nuance importante !
Car abandonner, c’est quand on décide de refermer une porte définitivement. Alors que faire une pause, c’est simplement arrêter de foncer dans le mur pour se poser.
Concrètement, voilà ce que j’ai fait :
Au tout départ, j’ai donc posté dans le groupe Blogueur Pro pour briser l’isolement. Ce seul geste a déjà suffi à changer ma vision des choses.
Ensuite, j’ai arrêté de publier pendant trois semaines. Sans aucune culpabilité. Juste pour récupérer.
Et c’est là, en acceptant en quelque sorte le silence, que j’ai repensé tout le blog. Supprimé tous les articles existants. Réorienté vers ce qui me tient vraiment à cœur, à savoir les épreuves, la transformation intérieure, le renforcement de la résilience.
Et là, libération : j’ai désinstallé Yoast SEO. Et recommencé à écrire de manière intuitive, sans feu rouge. Ou orange.
En résumé, j’ai arrêté d’écrire pour Google. Et j’ai recommencé à écrire pour les gens. Et pour moi.
Ce qui s’est passé a été libérateur à un point, que je le conseille à toutes celles et ceux qui ont un rêve similaire au mien !
En arrêtant de me forcer, quelque chose en moi s’est débloqué naturellement. En psychologie, on parle d’incubation créative (j’adore ce terme !).
Vous croyez que vous ne faites plus rien quand vous stoppez comme ça ? Bien au contraire ! Car notre cerveau continue de traiter les problèmes en arrière-plan. Encore faut-il accepter de relâcher cette pression consciente ⁴.
Le cerveau en réflexion – Crédit photo : @ kjpargeter
Depuis ce jour-là, je n’ai jamais abandonné Focus Résilience. Pour la première fois en dix ans, j’écris sur quelque chose qui me parle vraiment. Qui me fait réellement vibrer et me donne envie chaque jour de m’y mettre. Même si je ne peux travailler sur mon blog que 15 minutes. Cela me procure une satisfaction immense !
Depuis que j’ai vraiment mis en place ce repositionnement, j’ai publié plus de 30 articles (en trois mois !), j’ai créé un lead magnet et une mailing list, j’ai écrit trois articles invités, participé à 5 carnavals d’articles et surtout, j’ai atteint la fin du module 2 de la formation d’Olivier, alors que je bloquais dessus depuis dix ans !
Et plus important que tout : je ressens chaque matin un sentiment d’excitation en me demandant comment je vais faire avancer mon projet aujourd’hui. J’ai hâte chaque matin de découvrir ce que je vais apprendre par moi-même 😉
Les 4 piliers de la résilience du blogueur
1. L’alignement avant la stratégie
Votre blog doit partir de quelque chose de vrai en vous. Pas d’une niche “rentable”. Vous avez besoin de parler d’une expérience, d’une conviction, d’une transformation. De quelque chose que vous avez vraiment vécu.
Je suis convaincue que c’est ça qui donne l’énergie de tenir quand les résultats ne sont pas encore là. Selon Angela Duckworth, si vous voulez pouvoir persévérer sur le long terme, vous devez avoir un sentiment de sens profond par rapport à votre projet. Ce n’est pas juste une question de discipline ou de volonté ⁵.
À faire maintenant : posez-vous cette question en toute honnêteté – Est-ce que j’écris sur quelque chose qui me prend aux tripes ? Si la réponse est non, c’est là qu’il faut prendre le temps de la réflexion.
2. La pause, ce n’est pas l’abandon
Quand tout semble s’effondrer, la première chose à faire, ce n’est pas forcément d’agir. C’est parfois de s’arrêter tout simplement.
À faire maintenant : si vous êtes épuisé par votre projet et tout le reste, accordez-vous une pause de 2 semaines. Et notez ce que vous ressentez au bout de ces deux semaines. Surtout, laissez votre cerveau travailler pour vous en arrière-plan.
Le repos apporte la solution. J’en suis la preuve vivante.
3. Demander de l’aide est un acte de courage
S’isoler avec sa douleur, c’est très humain. Mais je vous répète ce que j’ai dit plus haut : les spécialistes de la résilience sont unanimes : le soutien social, c’est le facteur clé pour faire face aux épreuves ³.
Ce post que j’ai publié dans le groupe Blogueur Pro en janvier a changé le cours de l’histoire de mon blog. J’avais posté un seul message. Sans même demander de l’aide ou quoi. Juste pour partager.
À faire peut-être ? : identifiez une communauté de blogueurs ou d’écrivains (votre groupe Facebook, forum, mastermind…) et postez-y cette semaine, même brièvement.
4. Arrêtez de vous comparer
Beaucoup plus difficile à faire qu’à dire ! Mais c’est vrai : chaque blogueur avance à son rythme. Chacun a sa propre histoire, son propre planning, et ses contraintes. Donc la recette miracle n’existe pas !
Et le chemin que vous traversez à votre manière mérite le respect. Le vôtre avant tout. Peu importe que vous ayez atteint les mille vues sur Google ou les 50 000 euros de CA en une semaine !
Ce que traverser 25 échecs m’a appris
Je ne regrette aucun de ces vingt-cinq blogs que j’ai créés avec espoir et ensuite abandonnés avec remords.
Parce que chacun d’entre eux m’a appris quelque chose. Et que chacun m’a également rapprochée de ce que j’avais vraiment envie de créer.
L’échec ne veut pas dire que c’est terminé. C’est juste une information.
Je crois que les blogueurs qui durent, ce ne sont pas ceux qui n’ont jamais voulu abandonner. Non.
Ce sont ceux qui ont choisi de continuer malgré tout. À leur rythme. Avec leurs propres cicatrices.
Et vous ? Où en êtes-vous dans votre projet ?
Peut-être que ce n’est pas votre blog qui est en train d’échouer.
Peut-être que c’est simplement vous qui êtes en train d’apprendre à tenir.
Mélanie du blog Focus Résilience, blog dédié à la transformation intérieure et à la résilience face aux épreuves.
Notes de bas de page
Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The “what” and “why” of goal pursuits : Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227-268.
McEwen, B. S. (1998). Stress, adaptation, and disease : Allostasis and allostatic load. Annals of the New York Academy of Sciences, 840, 33-44.
Bonanno, G. A. (2004). Loss, trauma, and human resilience : Have we underestimated the human capacity to thrive after extremely aversive events ? American Psychologist, 59(1), 20-28.
Sio, U. N., & Ormerod, T. C. (2009). Does incubation enhance problem solving ? A meta-analytic review. Psychological Bulletin, 135(1), 94-120.
Duckworth, A. L., Peterson, C., Matthews, M. D., & Kelly, D. R. (2007). Grit : Perseverance and passion for long-term goals. Journal of Personality and Social Psychology, 92(6), 1087-1101.
Pourquoi la plupart des blogueurs abandonnent leur blog (et comment développer sa résilience pour continuer)
Soyons honnêtes. Depuis que j’ai acheté la formation d’Olivier Roland il y a dix ans, j’ai dû créer (et abandonner !) environ 25 blogs différents. Vingt-cinq. Pas deux. Pas cinq. Vingt-cinq !
Mais mon rêve est toujours resté le même : vivre de quelque chose que j’avais créé de A à Z, à la sueur de mon clavier. L’argent était presque secondaire. Mon souhait le plus cher était de créer mon métier du début jusqu’à la fin, de produire quelque chose du néant et d’en faire une réussite. Et ce rêve persistait. Mais à chaque fois, j’abandonnais.
Jusqu’en janvier dernier, où j’ai failli tout arrêter. Encore.
Mais cette fois-ci, il s’est passé quelque chose de différent. Et ce quelque chose a tout changé.
Si vous êtes blogueur et que vous vous demandez comment trouver la force de ne pas abandonner votre blog quand tout paraît difficile, cet article est pour vous.
Note : cet article invité a été écrit par Mélanie du blog Focus Résilience.
Ce que personne ne dit vraiment sur l’abandon d’un blog
On parle beaucoup de stratégie dans le blogging. De SEO, de tunnels de conversion, de régularité dans la publication des articles. De stratégie sur les réseaux sociaux, de podcasts et de vidéos…
Mais on parle rarement de ce qui se passe vraiment derrière les coulisses, dans la tête du blogueur plein d’espoir, quand son blog chéri ne décolle pas.
En tant que blogueur, on connaît tous cette petite voix qui dit à tout bout de champ : mais à quoi bon ?
On a ce sentiment d’être le seul ou la seule à ne pas y arriver, alors que tout le monde autour de nous, dans les groupes de blogueurs semble progresser.
Je l’ai ressenti maintes et maintes fois, cette fatigue de publier dans le vide, d’optimiser sans avoir de résultats visibles, de se comparer à des blogueurs pour lesquels tout a l’air de rouler.
Et puis un matin, je décide de fermer mon ordinateur. Et de ne plus toucher à ce maudit blog.
J’ai vécu ça vingt-cinq fois. Et croyez-moi, ce n’était presque jamais une question de stratégie.
Pourquoi les blogueurs abandonnent leur blog – la vraie raison
1. On écrit sur quelque chose qui ne nous appartient pas
Mon tout premier blog est celui qui a perduré le plus longtemps. C’était un blog au départ personnel, pour tenir ma famille et mes amis au courant de mon cheminement avec un cancer du sein triple négatif. Il a bien marché pour un blog personnel, mais au bout de trois ans, j’ai ressenti le vif besoin de l’arrêter pour passer à une autre thématique.
Disons que ce premier blog était particulier.
Ensuite, mes premiers blogs suivants traitaient de thématiques que je pensais “rentables”. Des sujets choisis avec la tête, pas avec les tripes. Mais voilà, nous savons tous qu’écrire sans véritable passion ne mène jamais très loin.
Et puis, écrire sur quelque chose qui ne vous anime pas vraiment est épuisant. Et l’épuisement finit toujours par avoir le dessus. Enfin, c’était le cas chez moi.
Saviez-vous qu’il existe même un terme savant pour ce phénomène ? Ça s’appelle le manque d’autonomie psychologique ! Les auteurs Deci et Ryan en parlent dans leur théorie de l’autodétermination ¹.
En d’autres termes, si nos actions ne sont pas alignées avec nos valeurs profondes, la motivation intrinsèque s’effondre.
Et avec elle, la persévérance, forcément.
2. On se met une pression démesurée
Quand on est blogueur, on connaît cette chanson : publier deux fois par semaine. Optimiser chaque article. Être présent sur tous les réseaux. Construire une liste email. Et tout cela en même temps bien sûr. Et souvent seul, la plupart du temps sans résultats visibles pendant des mois.
J’avais installé Yoast SEO à l’époque. Comme préconisé dans la formation d’Olivier. À chaque article, j’avais ce sentiment désagréable quand je voyais ce petit feu rouge apparaître en bas de mon texte.
Pas assez optimisée petit scarabée ! Pas assez tout court.
Cette sensation était tellement désagréable que j’ai fini par ne plus écrire du tout. Au moins, je ne voyais plus ce feu rouge signé Yoast. Ou ce signal orange me disant toujours ‘peut mieux faire’.
C’est ce qu’on appelle dans le jargon psychologique le stress chronique de performance.
Il n’y a rien de plus efficace pour diminuer la créativité et accélérer l’épuisement ².
3. On est seul face au doute
Le blogging est un métier solitaire. Comme tout métier d’écrivain par ailleurs. Nous créons tous dans notre coin. Nous doutons dans notre coin. Et nous nous décourageons également dans notre coin…
Pour celles et ceux qui s’intéressent un peu au concept de résilience, sachez que le soutien social, le fait de se sentir encouragé et soutenu par les autres, est l’un des leviers les plus puissants qui existent face à l’adversité ³. Si vous n’avez pas de communauté et personne qui vous encourage de l’extérieur, et avec bienveillance, il est complètement normal que le moindre obstacle vous paraisse insurmontable.
Janvier dernier — le moment où j’ai failli tout arrêter
Je m’appelle Mélanie. Et à 36 ans, j’ai traversé un cancer du sein triple négatif agressif.
Cette épreuve a été pour moi une véritable traversée vers un nouveau moi. J’ai dû d’abord accepter la situation avant de pouvoir vraiment avancer. Si ce sujet vous parle, je vous invite à lire : qu’est-ce que la résilience en réalité ?
J’ai créé le blog Focus Résilience pour partager ça. Mais au tout début, je ne parlais que de résilience matérielle. Face aux crises.
Mais en janvier dernier, j’étais à nouveau à bout. Mon blog créé six mois plus tôt stagnait. Je doutais de tout : du sujet de mon blog, du style, de moi. Et ma petite voix familière est revenue : arrête, ça ne sert à rien. Ça faisait 25 fois qu’elle me faisait le coup en 10 ans.
Mais cette fois, j’ai fait quelque chose de différent. J’avais ce rêve depuis trop longtemps maintenant.
Au lieu de fermer l’ordinateur une fois de plus, j’ai posté un message dans le groupe Facebook de Blogueur Pro pour exprimer ce que je vivais.
Et là, il s’est passé quelque chose : une salve de soutien inattendu. Des messages de blogueurs qui vivaient exactement la même chose. Et par la suite des rencontres avec des copines de blog qui m’ont vraiment aidée à avancer !
Donc je n’étais pas seule ! Et je ne l’avais jamais été au fond.
Je m’étais juste isolée en portant ce fardeau de l’échec dans mon coin. Comme on le fait très souvent face aux épreuves difficiles. J’explique d’ailleurs pourquoi certaines épreuves nous transforment profondément sur mon blog. Et le blogging n’échappe pas à cette règle.
Ce que j’ai fait au lieu d’abandonner
Suite à ce post à succès, j’ai décidé de faire une pause. Pas pour abandonner à nouveau, non. Juste pour faire une pause.
Nuance importante !
Car abandonner, c’est quand on décide de refermer une porte définitivement. Alors que faire une pause, c’est simplement arrêter de foncer dans le mur pour se poser.
Concrètement, voilà ce que j’ai fait :
Au tout départ, j’ai donc posté dans le groupe Blogueur Pro pour briser l’isolement. Ce seul geste a déjà suffi à changer ma vision des choses.
Ensuite, j’ai arrêté de publier pendant trois semaines. Sans aucune culpabilité. Juste pour récupérer.
Et c’est là, en acceptant en quelque sorte le silence, que j’ai repensé tout le blog. Supprimé tous les articles existants. Réorienté vers ce qui me tient vraiment à cœur, à savoir les épreuves, la transformation intérieure, le renforcement de la résilience.
Et là, libération : j’ai désinstallé Yoast SEO. Et recommencé à écrire de manière intuitive, sans feu rouge. Ou orange.
En résumé, j’ai arrêté d’écrire pour Google. Et j’ai recommencé à écrire pour les gens. Et pour moi.
Ce qui s’est passé a été libérateur à un point, que je le conseille à toutes celles et ceux qui ont un rêve similaire au mien !
En arrêtant de me forcer, quelque chose en moi s’est débloqué naturellement. En psychologie, on parle d’incubation créative (j’adore ce terme !).
Vous croyez que vous ne faites plus rien quand vous stoppez comme ça ? Bien au contraire ! Car notre cerveau continue de traiter les problèmes en arrière-plan. Encore faut-il accepter de relâcher cette pression consciente ⁴.
Depuis ce jour-là, je n’ai jamais abandonné Focus Résilience. Pour la première fois en dix ans, j’écris sur quelque chose qui me parle vraiment. Qui me fait réellement vibrer et me donne envie chaque jour de m’y mettre. Même si je ne peux travailler sur mon blog que 15 minutes. Cela me procure une satisfaction immense !
Depuis que j’ai vraiment mis en place ce repositionnement, j’ai publié plus de 30 articles (en trois mois !), j’ai créé un lead magnet et une mailing list, j’ai écrit trois articles invités, participé à 5 carnavals d’articles et surtout, j’ai atteint la fin du module 2 de la formation d’Olivier, alors que je bloquais dessus depuis dix ans !
Et plus important que tout : je ressens chaque matin un sentiment d’excitation en me demandant comment je vais faire avancer mon projet aujourd’hui. J’ai hâte chaque matin de découvrir ce que je vais apprendre par moi-même 😉
Les 4 piliers de la résilience du blogueur
1. L’alignement avant la stratégie
Votre blog doit partir de quelque chose de vrai en vous. Pas d’une niche “rentable”. Vous avez besoin de parler d’une expérience, d’une conviction, d’une transformation. De quelque chose que vous avez vraiment vécu.
Je suis convaincue que c’est ça qui donne l’énergie de tenir quand les résultats ne sont pas encore là. Selon Angela Duckworth, si vous voulez pouvoir persévérer sur le long terme, vous devez avoir un sentiment de sens profond par rapport à votre projet. Ce n’est pas juste une question de discipline ou de volonté ⁵.
À faire maintenant : posez-vous cette question en toute honnêteté – Est-ce que j’écris sur quelque chose qui me prend aux tripes ? Si la réponse est non, c’est là qu’il faut prendre le temps de la réflexion.
2. La pause, ce n’est pas l’abandon
Quand tout semble s’effondrer, la première chose à faire, ce n’est pas forcément d’agir. C’est parfois de s’arrêter tout simplement.
Si vous traversez un moment de profond découragement avec votre blog, commencez par là : comment surmonter une épreuve difficile quand tout semble s’effondrer. Les principes s’appliquent autant à la vie qu’au blogging.
À faire maintenant : si vous êtes épuisé par votre projet et tout le reste, accordez-vous une pause de 2 semaines. Et notez ce que vous ressentez au bout de ces deux semaines. Surtout, laissez votre cerveau travailler pour vous en arrière-plan.
Le repos apporte la solution. J’en suis la preuve vivante.
3. Demander de l’aide est un acte de courage
S’isoler avec sa douleur, c’est très humain. Mais je vous répète ce que j’ai dit plus haut : les spécialistes de la résilience sont unanimes : le soutien social, c’est le facteur clé pour faire face aux épreuves ³.
Ce post que j’ai publié dans le groupe Blogueur Pro en janvier a changé le cours de l’histoire de mon blog. J’avais posté un seul message. Sans même demander de l’aide ou quoi. Juste pour partager.
À faire peut-être ? : identifiez une communauté de blogueurs ou d’écrivains (votre groupe Facebook, forum, mastermind…) et postez-y cette semaine, même brièvement.
4. Arrêtez de vous comparer
Beaucoup plus difficile à faire qu’à dire ! Mais c’est vrai : chaque blogueur avance à son rythme. Chacun a sa propre histoire, son propre planning, et ses contraintes. Donc la recette miracle n’existe pas !
Et le chemin que vous traversez à votre manière mérite le respect. Le vôtre avant tout. Peu importe que vous ayez atteint les mille vues sur Google ou les 50 000 euros de CA en une semaine !
Ce que traverser 25 échecs m’a appris
Je ne regrette aucun de ces vingt-cinq blogs que j’ai créés avec espoir et ensuite abandonnés avec remords.
Parce que chacun d’entre eux m’a appris quelque chose. Et que chacun m’a également rapprochée de ce que j’avais vraiment envie de créer.
L’échec ne veut pas dire que c’est terminé. C’est juste une information.
Je crois que les blogueurs qui durent, ce ne sont pas ceux qui n’ont jamais voulu abandonner. Non.
Ce sont ceux qui ont choisi de continuer malgré tout. À leur rythme. Avec leurs propres cicatrices.
Et vous ? Où en êtes-vous dans votre projet ?
Peut-être que ce n’est pas votre blog qui est en train d’échouer.
Peut-être que c’est simplement vous qui êtes en train d’apprendre à tenir.
Mélanie du blog Focus Résilience, blog dédié à la transformation intérieure et à la résilience face aux épreuves.
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